Faire une pause créative ou « Creative Break », en prenant quelques jours pour vous ressourcer afin de rester créatif toute l’année.
Avec tout ce qui vous tombe sur le dos et les difficultés attendues sur le court terme, la créativité pourra vous aider à préparer l’avenir. Je vous propose de prendre quelques jours pour faire le point et penser à l’avenir.
| L’idée reçue | Ce qu’elle coûte | La pratique qui change tout |
|---|---|---|
| La créativité attend l’inspirationLe creative break part d’une idée répandue : la créativité viendrait d’elle-même, au détour d’une réunion ou d’un week-end. Cette attente laisse les idées nouvelles au hasard du calendrier. | Des idées qui tournent en rondSans pause délibérée, le quotidien absorbe l’attention et les projets finissent par se ressembler. Les idées existent mais restent dispersées, jamais priorisées et rarement mises en œuvre. | Une pause préparée comme un projetQuelques jours bloqués à l’avance, un lieu choisi, un objectif clair et un plan d’action rédigé avant le retour transforment la pause créative en outil de travail. Le rituel compte autant que le lieu. |
Pourquoi chaque créatif s’invente un rituel
Un creative break part d’un constat simple : la créativité se provoque. Les écrivains les plus productifs l’ont compris depuis longtemps et chacun a construit un rituel qui le met en condition d’écrire. Ces rituels paraissent excentriques, mais ils obéissent tous à la même logique de rupture avec le quotidien.
La créativité, un grigri à invoquer
Avant de parler méthode, il faut accepter que la créativité garde une part de magie. Chaque créateur invente sa propre façon de l’appeler, et ces façons diffèrent beaucoup d’une personne à l’autre. Les exemples suivants montrent la diversité des rituels, du plus raisonnable au plus radical, chez des auteurs qui ont tous tenu la distance.
La créativité est comme un grigri que chacun invoque à sa manière.
Chacun a son rituel :
- Balzac travaillait de nuit et buvait des quantités astronomiques de café pour rester éveillé. Parfois, il prenait en plus des bains de pieds de moutarde (pour la vitamine C ?). Il n’est pas mort en bonne santé.
- Agatha Christie utilisait chaque nouvel endroit, un coin de table ou une baignoire, pour continuer à tuer des gens de façon créative.
- Jules Verne s’était inspiré de la solution radicale utilisée par Victor Hugo : se faire enfermer chez lui nu (oui, à poil) pour se forcer à terminer un chapitre.
- Stephen King se donne chaque jour le défi de ne pas s’arrêter avant d’avoir écrit 2000 mots, soit une dizaine de pages, comme il le raconte dans Écriture, mémoires d’un métier.
Le rituel de Bernard Werber, observé de près
Certains rituels reposent sur une discipline horaire plus que sur l’excentricité. Bernard Werber appartient à cette famille : sa créativité tient à un rendez-vous quotidien avec l’écriture, tenu chaque matin sans exception. J’ai eu l’occasion de l’observer à l’œuvre, et la régularité de ce rendez-vous m’a davantage marqué que son talent.

Bernard Werber écrit une nouvelle par jour, et écrit chaque matin de 8h30 à 12h30. Je l’ai vu faire de près comme l’indique la photo ci-dessus 🙂
Les 6 ingrédients d’un break créatif pour votre équipe
Un break créatif d’équipe réunit 6 ingrédients : du temps seul, une sortie du quotidien, une vraie déconnexion, un lieu de mémoire, un livre commun et une discipline d’écriture des idées. Aucun de ces ingrédients ne coûte cher, et leur combinaison distingue une pause productive d’un simple séminaire au vert.
6 ingrédients pour sortir du quotidien
Chaque ingrédient répond à un piège précis du travail créatif en groupe : la pensée unique, le poids des habitudes, l’interruption permanente, l’oubli du passé, l’absence de référence commune et la perte des idées. Je les présente dans l’ordre où je les mets en place lors d’un creative break avec une équipe :
- Être seul (ou pas). En tout cas laisser du temps à chaque membre de votre équipe de penser de son côté à ses idées avant de les mettre en commun. Cette pratique s’appelle le « Brainwriting ».
- Sortir du quotidien. Bien sûr, un Break qui se tient dans votre salle de réunion n’en est pas un.
- Se déconnecter. Hyper important. Éteignez votre téléphone et mettez votre messagerie sur répondeur.
- Visiter un lieu de mémoire. Retrouver sa créativité et penser à l’avenir demande aussi de penser au passé.
- Prendre un livre inspirant. Très important d’avoir au moins un livre en commun. Par exemple, lors du dernier Creative Break de la Lyonnaise des Eaux à Cadaqués, le livre choisi a été « Les employés d’abord, les clients ensuite » de Vineet Nayar.
- Écrire ses idées. Tout doit être noté, sélectionné et priorisé pour pouvoir être… utilisé bien sûr !
Rester créatif toute l’année grâce au creative break
Les rituels des écrivains impressionnent, mais ils restent difficiles à transposer dans une vie professionnelle ordinaire. Le creative break offre une alternative plus accessible : quelques jours par an consacrés à l’inspiration, qui nourrissent ensuite les mois de travail courant. J’en ai filmé un pour montrer à quoi ressemble concrètement cette pause.
Mais pour vous ? Comment pouvez-vous rester créatif toute l’année sans être nu dans une baignoire de café à tuer des gens en 2000 mots ?
Je vous propose d’organiser un Break créatif avec cette vidéo tournée lors de mon Creative Break 2012. Ça date un peu mais le contenu est toujours d’actualité. Baissez le son…
Comment organiser un creative break
Organiser un creative break demande 6 décisions prises avant le départ : la date, le lieu, l’objectif, le matériel, les activités complémentaires et le plan de sortie. Chacune de ces décisions conditionne la qualité des idées que vous rapporterez, et aucune ne doit être improvisée une fois sur place.
Bloquez votre creative break dans l’agenda à l’avance
La date d’un creative break se choisit plusieurs semaines à l’avance, en fonction de vos projets en cours plutôt que des disponibilités du moment. Un break placé au milieu d’un projet inachevé laisse votre esprit accroché à ce projet, alors que la pause doit servir à regarder le futur.
Attention cependant à ne pas interrompre un projet en cours. Le risque est de continuer à penser à ce projet non terminé alors que vous devez, lors de votre creative break, vous inspirer pour le futur.
Choisissez un endroit inspirant
Le lieu d’un creative break compte autant que sa durée, car il doit rompre avec votre environnement de travail habituel. Un endroit isolé dans la nature fonctionne mieux qu’un hôtel d’affaires, et un lieu que vous connaissez déjà vous évite de perdre les premiers jours à vous y installer.
Et là malheureusement, même avec booking ou Airbnb, il est difficile de pouvoir trouver ce type d’endroit sur photo. Il faut y être et ressentir le lieu. Mes conseils seraient de trouver un endroit isolé dans la nature. Je n’irai pas jusqu’à vous dire de trouver un endroit sans wifi et téléphone.
Personnellement, mes choix sont assez classiques : la montagne pour la neige l’hiver et une chambre avec vue sur l’océan au printemps. Même en Australie. Mais à l’envers avec juillet pour la neige.
En tout cas vous devez savoir à l’avance où vous allez. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les aficionados du creative break, comme Bill Gates par exemple, choisissent d’aller au même endroit.
Donnez-vous un objectif
Un creative break sans objectif devient des vacances déguisées. L’objectif peut porter sur un problème à résoudre, une question à trancher ou un horizon à élargir, mais il doit être formulé avant le départ. Il oriente les lectures, les promenades et les notes, et il donne un critère pour juger le résultat au retour.
C’est la base du fonctionnement de la créativité. Souhaitez-vous résoudre un problème ? Répondre à une question ? Ou élargir vos horizons ?
Les différents objectifs de mes creative break ont été par exemple de :
- passer de l’intergénérationnel à l’innovation ;
- me remettre d’un burnout post écriture ;
- trouver des sujets d’articles pour mes blogs ;
- identifier des sujets de vidéos pour mes chaînes YouTube Benjamin Chaminade et No one is innovant ;
- sélectionner des sujets d’ouvrages à écrire en français et anglais ;
- débloquer mon syndrome de la page blanche pour terminer une série d’articles ;
- et me lancer dans l’écriture d’un livre auquel mon activité quotidienne m’empêchait de penser.
Comme vous le voyez j’ai fait des creative break pour 2 raisons principales : résoudre un problème ou imaginer l’avenir.
Apportez du matériel créatif
Le matériel d’un creative break se prépare avant le départ, car la semaine sur place sert à l’inspiration et pas à la recherche documentaire. Quelques sources choisies et un support pour noter suffisent. Plus le matériel est léger, plus le temps disponible se consacre aux idées plutôt qu’à leur collecte.
Idéalement vous devez avoir déjà identifié les ressources nécessaires à votre creative break. Rappelez-vous, il s’agit d’une semaine d’inspiration, pas d’une semaine de recherche.
Lorsque je pars durant cette semaine créative, je dispose de 2 sources d’inspiration et d’un carnet.

Les sources d’inspiration sont d’abord les notes Evernote que j’ai collectées entre 2 creative break. J’ai un notebook spécifique appelé « Idées » que j’utilise pour mettre les articles et idées qui ne me sont pas utiles immédiatement.
Pour le carnet, il s’agit évidemment d’un Moleskine. Depuis son renouveau en 1997, j’en ai rempli des dizaines. Je les utilise pour griffonner mes idées, faire les plans de mes articles ou y lister mes to-do-lists.
Planifiez des activités complémentaires
Un creative break alterne le travail sur les idées et des activités qui reposent l’esprit. Le corps participe à la créativité : l’exercice, la méditation ou le yoga libèrent l’attention et font souvent émerger les meilleures idées entre deux séances de réflexion. L’équilibre entre ces deux temps se planifie à l’avance.
Évidemment, être créatif ne signifie pas se lever pour aller s’assoir à un bureau et y passer toute la journée. Il ne s’agit pas non plus de lire dans un canapé ou de passer ses journées à se promener. Il faut un juste équilibre. Prévoyez de vous prendre du temps pour faire de l’exercice, méditer ou pratiquer du yoga.
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Mettez un plan à exécution
La dernière demi-journée d’un creative break sert à transformer les idées en plan d’action. Sans cette étape, la pause ajoute des idées à celles que vous aviez déjà sans jamais les concrétiser. Prioriser, lister les obstacles puis écrire les étapes suffit à faire d’une semaine d’inspiration un projet daté.
Votre creative break doit être utile et constructif ! Il ne s’agit pas de rajouter de nouvelles idées aux idées que vous avez déjà sans jamais les concrétiser.
Pour cela, passez la dernière demi-journée de votre creative break à prioriser vos idées, à lister les obstacles et risques d’échecs. Puis, à écrire un plan étape par étape de la façon dont vous allez mettre ces idées en place. Vous pouvez aller jusqu’à vous donner un délai de réalisation pour chaque idée.
Créatif ou productif, faut-il choisir ?
Envie d’aller plus loin sur ce point ? Découvrez comment concilier créativité et efficacité au quotidien dans l’article créatif ou productif, le faux dilemme de l’entreprise.
Creative break, séminaire ou journée créative : quelle formule choisir ?
Le choix entre un creative break individuel, un séminaire d’équipe et une journée de la créativité dépend de ce que vous cherchez : renouveler votre propre regard, faire émerger des idées collectives ou installer une culture créative. Ces 3 formules se complètent plus qu’elles ne se remplacent, et chacune a ses limites.
3 formules comparées
Les 3 formules diffèrent par leur durée, leur public et ce qu’elles produisent réellement. Le tableau suivant les compare selon les critères qui comptent pour un dirigeant ou un responsable des ressources humaines au moment de choisir, de la profondeur de réflexion obtenue jusqu’au risque principal de chaque format :
| Formule | Pour qui | Durée | Ce qu’elle produit | Risque principal |
|---|---|---|---|---|
| Creative break individuel | Dirigeant, manager ou expert | Quelques jours | Un regard renouvelé et des projets priorisés | Peu d’effet sur l’équipe si les idées ne sont pas partagées au retour |
| Séminaire créatif d’équipe | Une équipe constituée | 1 à 3 jours | Des idées collectives et une référence commune | La pensée de groupe si le temps individuel est sacrifié |
| Journée de la créativité | L’ensemble d’une entreprise | Une journée | Une culture créative visible et un vocabulaire partagé | Un effet d’événement qui retombe sans suite opérationnelle |
Les signaux qui doivent guider votre choix de creative break
Certains signaux montrent qu’un creative break individuel s’impose plutôt qu’un séminaire collectif. Ils portent sur la fatigue créative d’une personne, sur un projet bloqué ou sur une décision d’orientation à prendre, plutôt que sur un besoin de cohésion d’équipe. Voici ceux qui doivent vous alerter :
- vos idées tournent en rond depuis plusieurs mois et vos projets se ressemblent tous ;
- un projet important reste bloqué malgré le temps que vous y consacrez ;
- une décision d’orientation, personnelle ou professionnelle, attend d’être prise ;
- ou votre agenda ne laisse plus aucune place à la lecture et à la réflexion.
Comment je peux vous aider à organiser un creative break
J’accompagne les équipes et les dirigeants qui veulent faire de la pause créative un outil de travail plutôt qu’une récompense. Mon intervention porte sur la préparation du break, sur l’animation des temps collectifs et sur la transformation des idées en plan d’action au retour, pour que la semaine produise des projets concrets.
Des ateliers de créativité pour vos équipes
Un atelier transpose les ingrédients du creative break à l’échelle d’une équipe : temps individuel d’écriture, mise en commun, sélection et priorisation des idées. Je l’anime sur une ou plusieurs journées, hors des murs de l’entreprise, avec un objectif défini en amont avec la direction et les participants.
Les formats disponibles se découvrent sur la page des ateliers et masterclass.
Des conférences sur la créativité et la curiosité
Une conférence ouvre un séminaire ou un creative break collectif en donnant aux participants un cadre commun sur la créativité et la curiosité au travail. Elle prépare le terrain pour les temps d’écriture et de réflexion qui suivent, et elle installe un vocabulaire partagé que l’équipe réutilise ensuite dans ses projets.
Les thèmes et les formats se choisissent depuis la page des conférences.
En conclusion, un creative break se prépare comme un projet
Un creative break réussi tient à sa préparation : une date bloquée, un lieu choisi, un objectif clair, un matériel léger, des activités qui reposent l’esprit et une demi-journée finale consacrée au plan d’action. Les rituels des écrivains montrent la voie, mais chacun doit construire le sien à partir de ses propres contraintes.
La créativité se provoque plus qu’elle ne s’attend. Quelques jours par an suffisent à nourrir des mois de travail, à condition de revenir avec des idées priorisées et datées. Bloquez dès maintenant quelques jours dans votre agenda pour votre prochain creative break.
Questions fréquentes sur le creative break
Qu’est-ce qu’un creative break ?
Un creative break est une pause de quelques jours consacrée à l’inspiration et à la réflexion sur l’avenir, loin du quotidien professionnel. Il se prépare comme un projet, avec une date, un lieu, un objectif et un plan d’action rédigé avant le retour.
Combien de temps doit durer un creative break ?
Un creative break dure de quelques jours à une semaine. La durée compte moins que la rupture avec le quotidien : une semaine sans déconnexion produit moins qu’un long week-end réellement coupé du travail, à condition de réserver la dernière demi-journée au plan d’action.
Un creative break se pratique-t-il en équipe ?
Un creative break se pratique seul ou en équipe. En équipe, il réunit du temps individuel d’écriture avant la mise en commun, une sortie du quotidien, une déconnexion réelle, un livre partagé et une discipline de notation qui permet de prioriser les idées au retour.
Où organiser un creative break ?
Un creative break s’organise de préférence dans un lieu isolé, en pleine nature, qui rompt avec l’environnement de travail habituel. Retourner chaque fois au même endroit évite de perdre du temps à s’installer et permet de consacrer toute la pause aux idées.




