carotte et baton ne fonctionnent plus pour la motivatio ndes salariés

La fin des méthodes de motivation

Si vous lisez régulièrement mes articles vous savez qu’il y a plusieurs termes que j’ai dans le pif comme « employé », « talent » et « motivation ». Pourtant il m’est parfois demandé d’intervenir sur « les techniques et méthodes de motivation que les managers pourraient utiliser avec leurs équipes ».

Si, si. Comme si j’étais un entraineur de rugby à la retraite. 

Alors là, inspiration, expiration et question… « Pensez-vous vraiment qu’il y a des techniques, que vous pouvez apprendre, pour motiver qui que ce soi à faire quoi que ce soi ? Genre se lever le matin ou bosser pour vous ? 

Dites moi, j’attends. 

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Les méthodes de motivation ont vécues

Pour la version courte, cette question au sujet de méthodes qui permettraient de motiver nos collaborateurs (de faire ce que le manager, les actionnaire et les clients désirent d’eux en contrepartie de leur rémunération) pourrait s’apparenter à un réflexe pavlovien acquis lors de « formations BAM* » héritées des années 90 et durant lesquelles nous apprenions « une méthode ». 

* formations BAM : formations destinées à nous inculquer des automatismes du type « Bonjour, Au revoir, Merci ». 

Si Cyrano avait suivi une formation sur la motivation, voici ce que cela aurait pu donner…

La motivation, version Cyrano, avec panache managérial

Descriptif : « Motiver, c’est illuminer chaque facette d’un projet. Ici, un objectif clair. Là, une reconnaissance méritée. Voyez ces tâches anodines ? Non, elles sont les fondations d’un succès éclatant ! »

Curieux : « Mais dites-moi, qu’est-ce qui vous passionne ? Quel défi vous anime ? Quelle compétence cachée pourriez-vous révéler si l’occasion se présentait ? »

Gracieux : « Merci pour cet effort, pour cette énergie, pour votre attention à l’exactitude. Tout cela ne passe pas inaperçu, et je tiens à vous en faire part avec toute ma gratitude. »

Truculent : « Allons, mes amis, que serait ce projet sans un peu de fantaisie ? Lancez vos idées, même les plus canailles. Qui sait, c’est peut-être là que se cache notre plus belle trouvaille ! »

Prévenant : « Vous avez beaucoup donné ces derniers temps. Peut-être qu’un moment de repos s’impose ? Prenez soin de vous, car votre bien-être est essentiel à notre réussite. »

Tendre : « Je vois vos doutes, vos hésitations et vos erreurs. Sachez que je suis là pour vous accompagner. Ensemble, nous irons au-delà de vos peurs. »

Pédant : « Selon la théorie de l’autodétermination, la motivation repose sur trois piliers : autonomie, compétence et appartenance. Vous voyez, nous appliquons cela chaque jour. »

Cavalier : « Allez, un petit effort et on en finit diantre ! Vous êtes capables, alors ne traînons pas, montrez-moi ce que vous avez dans le ventre ! »

Emphatique : « Ce projet n’est pas juste un travail, c’est une contribution à quelque chose de bien plus grand. Vous changez la donne, vous écrivez l’avenir ! »

Dramatique : « Un obstacle ? Allons, c’est un défi à relever, une chance de briller. Ensemble, nous franchirons cette montagne et célébrerons notre victoire ! »

Admiratif : « Je suis impressionné par votre rigueur et votre créativité. Vous dépassez toutes mes attentes, et je tenais à vous le dire. »

Lyrique : « Ah, que c’est beau de vous voir tous ensemble, unis dans un même élan, construisant l’avenir avec passion et détermination. Quelle harmonie ! »

Naïf : « Mais dites-moi, est-ce que tout cela est vraiment aussi difficile qu’il y paraît ? Je suis certain que vous allez trouver une solution simple et brillante. »

Respectueux : « Chacun ici apporte quelque chose d’unique et d’inné. Votre expertise est essentielle, et je respecte profondément ce que vous accomplissez. »

Campagnard : « Prenons un moment pour respirer lentement. Comme dans un champ fraîchement labouré, l’effort porte ses fruits lorsqu’on lui donne le temps. »

Militaire : « Mes troupes, l’heure est venue de passer à l’action vaille que vaille. En ordre, disciplinés, mais avec audace ! Ensemble, nous gagnerons cette bataille. »

Pratique : « Voici le plan en trois étapes successivement. On se concentre, on exécute, et on ajuste si nécessaire. Pas de stress inutile, avançons méthodiquement. »

Voilà voilà …

Sauf que, pour en avoir fait les frais, nos collaborateurs ne fonctionne pas aussi bien que l’expérience de Pavlov, même s’ils sont accros au sucre et au salaire mensuel. 

Du management situationnel au management par manipulation

La réponse « moderne » à l’approche de la motivation a été le management situationnel. Je précise « moderne » avec des guillemets car encore beaucoup de manager ignorent encore cette approche. 

Le management situationnel

Le management situationnel repose sur quatre styles de leadership : directif, persuasif, participatif et délégatif. Ces styles permettent de répondre aux différents niveaux de compétence et de motivation des collaborateurs :

  • Directif : Utile pour les collaborateurs peu compétents ou novices, mais motivés. En leur fournissant des consignes claires, on réduit l’anxiété et stimule leur confiance.
  • Persuasif : Adapté aux collaborateurs encore peu compétents mais motivés à apprendre. En expliquant le « pourquoi » derrière les tâches, le manager nourrit leur motivation intrinsèque.
  • Participatif : Idéal pour les collaborateurs compétents mais temporairement démotivés. L’implication dans la prise de décision ravive leur engagement.
  • Délégatif : Recommandé pour les collaborateurs compétents et motivés. Leur autonomie renforce leur satisfaction et leur motivation.

Selon cette approche  le management situationnel se divise en deux dimensions :

  1. Compétence (savoir-faire) : Le collaborateur a-t-il les compétences nécessaires pour accomplir la tâche ?
  2. Ancienneté (vécu-faire) : Le collaborateur a suffisamment d’expérience pour cavoir comment accomplir sa tâche et enseigner à d’autre.
  3. Motivation (vouloir-faire) : Le collaborateur est-il motivé et engagé pour mener à bien sa mission ?
  4. Urgence (du contexte) : La situation permet-elle d’être discutée, expliquée et débattue ?

Le manager peut alors agir de manière ciblée sur la motivation et lorsqu’elle diminue, il peut utiliser le style participatif ou délégatif donner un sentiment d’autonomie et de reconnaissance. Lorsque la compétence est faible, un soutien directif ou persuasif renforce la confiance en soi et évite le découragement.

Pour résumer, moins la situation est urgente et plus un salarié est compétent et senior, plus votre style de management se dirige vers un management participatif et délégatif.

Sauf que certains managers n’ayant pas été correctement guidé et ayant d’autres chats à fouetter, sont allés à l’essentiel.

C’est ainsi que :

  • Le management directif peut être considéré comme AUTORITAIRE.
  • le management persuasif est considéré comme de la MANIPULATION
  • Le management participatif peut être considéré comme de l’iNFANTILISATION 
  • Le management délégatif est considéré comme ENNUYEUX car il n’est pas rare de voir son manager déléguer les tâches qui l’ennuient.

Et c’est pas tout !

Des salariés, ceux qui sont devenus des collaborateurs, en tout cas, et leurs attentes ont (gravement) changées les méthodes. Sans parler que lorsque le manager disparait 2 jours en formation, et qu’à son retour, il se met à utiliser des pratiques qu’il n’utilisait pas avant, les membres de son équipes comprennent bien qu’il est en train d’expérimenter des trucs qu’il a vu lors de son absence. De là, à se dire que l’on est les cobayes de son chef, et qu’il utilise des techniques sur nous, il y a pas loin.

Tout ça car finalement le management situationnel nous ramène à la confiance perçue PAR le manager avec un management subit PAR les collaborateurs / employés / salariés.

Mais il manque l’essentiel.

Et l’aimer-faire ?

Mais voilà, est-ce que vous réalisez la position descendante de cette approche ! Même si cette approche est présentée comme un moyen de « manager à la carte » il n’en reste que c’est une méthode et que c’est uniquement au manager de décider quelle attitude adopter ! Une approche dans laquelle le manager va juger du savoir-faire, du vécu-faire et du vouloir-faire en oubliant un élément indispensable qui complete la formule : l’aimer-faire et les appétences !

L’aimer-faire et les appétences vont au-delà du savoir-faire (compétence) et du vouloir-faire (motivation). Ils touchent à la sphère émotionnelle et personnelle, à ce qui nous attire naturellement et nous procure de la satisfaction. Voici comment les définir et les différencier :

L’aimer-faire : la passion en action

  • L’aimer-faire correspond à ce qu’une personne prend plaisir à faire. C’est l’alignement entre les tâches ou activités réalisées et les passions ou intérêts profonds d’un individu.
  • C’est souvent un moteur puissant de satisfaction et d’accomplissement. Lorsqu’on aime ce qu’on fait, les efforts paraissent moins lourds, et on est plus enclin à persévérer, même face aux obstacles.
    • Exemple : Quelqu’un peut être compétent en gestion de projet, mais s’il adore résoudre des problèmes créatifs, c’est dans ce domaine qu’il brillera vraiment, car c’est ce qu’il aime faire.

Appétences : les inclinations naturelles

  • Les appétences sont les prédispositions ou préférences pour certaines activités, domaines ou contextes. Ce sont des penchants naturels qui rendent certaines tâches plus intuitives ou gratifiantes.
  • Elles ne dépendent pas toujours de l’expérience ou de la compétence mais plutôt de ce qui attire intrinsèquement une personne.
    • Exemple : Une personne peut avoir une appétence pour les relations humaines (aimer écouter, conseiller), même sans avoir encore développé toutes les compétences nécessaires pour exceller dans les RH ou le coaching.

Bref, je dit pas de prendre de la dynamite mais de tout faire sauter, parce que les salariés désengagés qui se foutent du style de management utilisé sont nombreux. Mais quand même, pour ceux qui sont attaché à leur boite et leur job et qui souhaite vraiment s’investir, cette approche est contre-productive.

Alors, est-ce la fin de la motivation ?

La motivation, pour débutant

Je m’emballe, je m’emballe, revenons rapidement aux basiques. Du point de vue managérial, la motivation est le processus qui pousse un collaborateur à mobiliser son énergie, ses compétences et son engagement pour atteindre des objectifs individuels et organisationnels. Ce concept se situe au croisement des dynamiques individuelles, relationnelles et organisationnelles.

Les deux types de motivation en management

Selon l’approche extrinsèque / intrinsèque bien connue, la motivation est la force intérieure ou extérieure qui oriente les comportements des collaborateurs vers un but précis. Dans un contexte managérial, elle se traduit par :

  • L’envie d’agir : Pourquoi le collaborateur décide-t-il de s’investir ?
  • La persistance : Comment maintenir son engagement dans la durée ?
  • L’intensité : Avec quel niveau d’effort ou de concentration agit-il ?

a. Motivation intrinsèque

C’est une motivation qui provient de l’intérieur du collaborateur. Elle est liée à des facteurs comme :

  • Le plaisir de réaliser une tâche.
  • La satisfaction personnelle d’atteindre un objectif.
  • L’accomplissement de soi ou le sentiment de progression.
    • Exemple : Un salarié motivé par le défi intellectuel d’un projet complexe.

b. Motivation extrinsèque

Elle découle de facteurs extérieurs au collaborateur, souvent orchestrés par le manager, comme :

  • Les récompenses financières (bonus, primes).
  • Les reconnaissances sociales (félicitations, promotions).
  • Les sanctions ou contraintes (pressions pour respecter un délai).
    • Exemple : Un collaborateur qui travaille pour obtenir une prime ou éviter une évaluation négative.

Les autres théories managériales sur la motivation

Plusieurs modèles aident à comprendre et à appliquer la motivation dans un cadre managérial. Voici les principaux :

a. La théorie des besoins de Maslow

Les collaborateurs sont motivés par des besoins hiérarchiques : physiologiques, sécurité, appartenance, estime, réalisation de soi. Un manager doit identifier où se situe un collaborateur dans cette pyramide.

b. La théorie des deux facteurs de Herzberg

  • Les facteurs d’hygiène (salaire, conditions de travail) empêchent la démotivation mais ne suffisent pas à motiver.
  • Les facteurs de satisfaction (reconnaissance, autonomie, accomplissement) génèrent une motivation durable.

c. La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan)

Les collaborateurs sont motivés lorsqu’ils satisfont trois besoins psychologiques fondamentaux :

  1. Autonomie : Avoir le contrôle sur son travail.
  2. Compétence : Se sentir capable de relever des défis.
  3. Appartenance : Se sentir connecté à une équipe ou une mission.

La motivation, du point de vue managérial, est l’art d’activer et maintenir les forces motrices qui poussent les collaborateurs à donner le meilleur d’eux-mêmes. Pour un manager, il ne s’agit pas seulement de stimuler une action immédiate, mais de bâtir un environnement où la motivation devient naturelle, soutenue par des valeurs partagées, des objectifs clairs et une culture de reconnaissance.

Bref, c’est lui ou elle qui semble maîtrises. Sauf qu’en fait … non

Alors, pourquoi la fin de la motivation ? 

Pour la version longue expliquant la fin des méthodes de motivation. Enfin, de leur utilité, nous pouvons approfondir les limites des techniques de motivation classiques en analysant leur inadéquation face aux dynamiques actuelles entre Gen Z, hybridation du travail, monde VUCA #etjenpasse.

Épuisement des modèles behavioristes dans des systèmes complexes

Les techniques classiques de motivation sont souvent héritées des modèles behavioristes (récompense/punition), qui présupposent que les individus réagissent de manière prévisible à des stimuli. Ces approches échouent face à des environnements professionnels plus complexes :

  • Les systèmes organisationnels adaptatifs ne se prêtent pas à des interventions linéaires. Une prime ou un bonus peut créer des résultats immédiats, mais son impact à long terme est imprévisible, voire contre-productif (effet d’accoutumance).
  • Effet pervers des récompenses extrinsèques : Des études montrent que trop insister sur les récompenses matérielles peut nuire à la motivation intrinsèque, ce qui est destructeur pour les activités demandant de la créativité ou un engagement intellectuel profond. Bonne lecture si vous avez cliqué sur « études »
  • Le désengagement des collaborateurs : comme je l’ai évoqué lors de ma série sur les crises managériales, la prise de recul des collaborateurs par rapport au monde professionnel, les attentes changeantes et l’environnement VUCA rendent les sources d’engagement de plus en plus éphémères.
Les 7 crises du management ou crises managériales

Oubli des dynamiques systémiques dans la démotivation

Les techniques de motivation peuvent aussi échouer parce qu’elles se focalisent sur les symptômes (comportements observables) et non sur les causes profondes :

  • Conflits de valeurs : Si un collaborateur perçoit un désalignement entre ses valeurs personnelles et celles de l’organisation, aucune technique de motivation ne pourra compenser ce déficit. Faites une recherche sur le management par les valeurs.
  • Ambiguïté des rôles : Les collaborateurs démotivés sont souvent ceux qui manquent de clarté dans leurs responsabilités, ou dont le rôle est sous-évalué par rapport à leur contribution réelle.
  • Justice organisationnelle : Un déséquilibre perçu dans la répartition des récompenses (justice distributive) ou dans les processus décisionnels (justice procédurale) annule l’effet des tentatives de motivation, quelles qu’elles soient. Du genre de faire le boulot de ceux qui sont en retard parce que l’on a été plus efficace.

Saturation émotionnelle et cognitive

Sans formation, certains managers pensent encore que la motivation est une simple injection d’énergie sans prendre en compte le lieu et le moment, selon les ressources émotionnelles et cognitives disponibles dans les équipes.

  • Surcharge cognitive : Les collaborateurs jonglent avec des priorités multiples et une avalanche d’informations. Les interventions motivantes mal calibrées (trop fréquentes, standardisées ou mal contextualisées) deviennent un bruit de fond inefficace.
  • Épuisement émotionnel : Les environnements de travail post-pandémie imposent une pression constante sur les ressources émotionnelles des collaborateurs. Sans une vraie attention au bien-être global, les techniques de motivation ne sont perçues que comme des « pansements ».

Et ce n’est qu’un résumé, pour ceux qui ont lu ma série sur VUCA et BANI n’oubliez pas les 4 grandes familles d’inquiétudes :

  • La précarité qui accompagne l’obsolescence de plus en plus rapide de nos compétences et la peur de devenir dépassé. 
  • La montée de l’anxiété de ne pas pouvoir se préparer à l’avenir préparer, même proche, avant d’y être confronté.
  • Le fractionnement de notre environnement ou devenir le meilleur dans son activité actuelle ne protège pas de se retrouver sur la touche.
  • Les paradoxes de plus en plus extrêmes qui nous empêchent de nous en remettre seulement à notre expérience. 

Limites de la motivation transactionnelle

Dans notre économie, la connaissance et de l’innovation dans des environnements hyper-connectés :

  • La motivation basée sur des transactions (primes, promotions, avantages matériels) ne suffit plus. Ce modèle est intrinsèquement limité car il traite la relation de travail comme un simple échange de valeur, négligeant la dimension sociale et identitaire du travail. Ce n’est pas le bon moyen pour engager ou atteindre un certain degré d’attachement professionnel.
  • Les collaborateurs cherchent une expérience de travail qui transcende les bénéfices immédiats. Ils veulent un environnement où ils peuvent se connecter à leur identité professionnelle et ressentir une forme de fierté collective. Si le chef leur parle comme à des rouages en expérimentant des techniques apprises en formation, grave erreur.

Fin des approches standardisées

En management, rappelez-vous que les solutions d’hier créent les problèmes d’aujourd’hui. Ici, la solution d’hier pour répondre au contexte particulier des salariés a été le management situationnel que j’ai détaillé dans la première partie de cet article. Sauf que vous pouvez multiplier les réflexes managériaux, vous restez dans une approche linéaire « telle situation entraîne telle style de management ».

C’est oublier que :

  • Les « recettes » de motivation ne suffisent plus : Un plan standard ne peut pas répondre aux besoins variés d’une équipe. Chaque collaborateur a des déclencheurs de motivation différents (apprentissage, reconnaissance, sécurité, ambition, etc.).
  • Prendre en compte les individualités ne s’arrête pas à leur humeur du moment ou à leur ancienneté dans la boite. Ce n’est pas pour rien que l’on parle désormais de valeurs, de soft-skills et d’appétences.
L’appréciation des appétences, schéma de Francis Boyer.

Changements des attentes des collaborateurs

Non, toujours pas « c’est de la faute de la génération Z ». Tout le monde a vu ses attentes changer ces dernières années quel que soit son âge !

  • Autonomie et sens : Les collaborateurs modernes, en particulier les nouvelles générations (millennials et Gen Z), recherchent plus d’autonomie et un sens profond à leur travail. Les incitations extrinsèques comme les primes ou les récompenses symboliques ont moins d’impact s’il n’y a pas de lien avec des valeurs ou une mission plus large.
  • Besoin de reconnaissance authentique : Les compliments génériques ou les programmes standardisés de « motivation » paraissent souvent superficiels. Les gens veulent une reconnaissance spécifique et sincère.
la crédibilité managériale et le respect intégrité et cohérence

Que faire pour réparer la motivation ? 

Bon, passons aux solution. Je vais faire cours car cet article a suffisamment duré et je pense développer chaque point dans de prochains articles. Si quelqu’un le demande sinon je garde le détail pour mes conférences et ateliers.

Repenser L’envie de faire … Les limites des techniques de motivation dans un système VUCA

Arrêtez immédiatement de penser que vous pouvez donner envie. Même Steve Jobs avais du mal, alors vous …  

Les dirigeants opèrent aujourd’hui dans un monde VUCA (volatile, incertain, complexe, ambigu). Dans ce contexte :

  • Les anciennes méthodes de motivation échouent car elles reposent sur des présupposés stables : comportements prévisibles, hiérarchies claires, objectifs fixes.
  • La complexité croissante exige un engagement intrinsèque et une agilité cognitive qui ne peuvent être atteints via des approches transactionnelles.

Implication stratégique :

Les dirigeants doivent repenser leurs organisations comme des écosystèmes adaptatifs où la motivation naît des interactions systémiques et non d’incitations ponctuelles.

Accompagner le basculement des paradigmes de travail

Oui, même si « le grand retour au bureau », ou « RTO » en anglais, menace tout le monde.

L’engagement remplace la motivation

Les modèles traditionnels de motivation sont en crise car ils sont hérités d’une ère industrielle où le travail était conçu comme une chaîne linéaire de production. Aujourd’hui :

  • Le travail immatériel (créativité, innovation, connaissances) domine. Ce type de travail repose sur des motivations intrinsèques comme le sens, l’accomplissement, et la reconnaissance intellectuelle.
  • La notion de contrat psychologique a évolué : les collaborateurs ne se contentent plus d’un simple échange « salaire contre travail ». Ils attendent un environnement qui nourrit leur identité, leur développement, et leur contribution sociétale.

Implication stratégique :

Un dirigeant senior doit comprendre que l’engagement n’est pas une variable isolée, mais une co-création entre le collaborateur et son environnement. Cela nécessite de redéfinir les valeurs de l’entreprise et vos principes managériaux. Qui seront eux-mêmes fondés sur ces valeurs.

TravaillEr en priorité sur l’érosion de la confiance

Planter des arbres ne suffira pas. Les entreprises modernes font face à une crise mondiale de la confiance :

  • Transparence accrue : Les collaborateurs ont un accès sans précédent à l’information (grâce à la digitalisation), ce qui rend obsolète toute tentative de motivation qui masque des intérêts divergents.
  • Défi de la cohérence : Les initiatives motivantes déconnectées des comportements réels du leadership (ex. : discours sur l’équité alors que les pratiques favorisent les élites) amplifient la méfiance.

Implication stratégique :

Un dirigeant doit s’assurer que chaque initiative de motivation est alignée sur les valeurs vécues (et pas affichées !!!) dans l’organisation. La motivation n’émerge pas d’une technique, mais d’une congruence culturelle. Oui, c’est beau mais ce n’est pas de moi.

Sortir des modèles centrés sur l’individu au cas par cas

Oui, plutôt contre intuitif celui-là. Les techniques classiques de motivation échouent car elles s’adressent aux individus de manière isolée :

  • Elles ne tiennent pas compte des dynamiques collectives : les réseaux d’interaction, les relations de pouvoir informelles et les systèmes de soutien émotionnel dans les équipes.
  • Elles ignorent l’impact des structures organisationnelles (processus bureaucratiques, objectifs contradictoires, silos) qui peuvent saboter toute tentative de motivation. C’est d’ailleurs le sujet de l’Enableship dont l’un des règles est de demander au manager d’identifier les moments ou ce sont eux qui font obstacle à l’envie de faire de leur équipe.

Implication stratégique :

Les dirigeants doivent déplacer leur attention du niveau individuel vers la conception des systèmes. Cela inclut :

  • Favoriser des environnements où les interactions positives renforcent l’engagement collectif.
  • Simplifier les structures organisationnelles pour éliminer les frictions motivationnelles.

Favoriser la motivation auto-régulée avec votre culture d’entreprise

Ce qui rejoint le grand mouvement actuel de l’évaluation entre pairs façon Klout de IBM ou d’évaluation peer to peer que j’utilise avec mes équipes.

La motivation durable ne peut être imposée par des techniques ; elle doit émerger naturellement d’une culture organisationnelle robuste. Cela implique :

  • Créer des « cultures attractives » : Les cultures qui attirent et retiennent les talents ne reposent pas sur des incitations artificielles, mais sur une raison d’être clairement articulée et alignée sur des pratiques concrètes.
  • Favoriser des valeurs qui rassemblent : Les collaborateurs sont motivés lorsqu’ils se reconnaissent dans les valeurs véhiculées par l’organisation : justice, inclusion, apprentissage.

Implication stratégique :

Un manager ou dirigeant doit jouer un rôle actif dans l’incarnation de ces valeurs à travers des symboles puissants, des rituels organisationnels, et des récits mobilisateurs. Tien, ça tombe bien, c’est mon métier.

Créer des boucles motivationnelles durables

Un manager expérimenté ne se contente pas de « motiver » au sens classique, mais crée des systèmes autorégulateurs qui maintiennent un niveau d’engagement durable :

a. Encourager les dynamiques d’apprentissage continu

La motivation durable provient de la croissance. Plutôt que de récompenser des résultats, il est plus efficace de reconnaître les efforts dans des processus d’apprentissage itératif :

  • Mettre en place des retours d’expérience (feedback loops) qui valorisent les apprentissages des échecs.
  • Transformer les équipes en communautés de pratique, où les collaborateurs trouvent leur énergie dans le partage des savoirs et la co-construction.

b. Aligner la motivation sur une vision à long terme

  • Les collaborateurs se désengagent quand les actions quotidiennes semblent déconnectées d’un but global. Un leader expérimenté articule une vision stratégique claire et connecte chaque mission individuelle à cette vision.
  • Créez des récits collectifs autour du travail : « Pourquoi faisons-nous cela ? Quel impact avons-nous ? »

c. Rendre la motivation auto-déterminée

Le modèle de l’autodétermination (Deci & Ryan) montre que la motivation intrinsèque repose sur trois besoins fondamentaux :

  1. Autonomie : Donnez des marges de manœuvre et de décision.
  2. Compétence : Offrez des défis à la hauteur des capacités, avec des opportunités de progresser.
  3. Appartenance : Favorisez un climat de collaboration authentique.

Développement de l’engagement dans une économie de l’impact

Aidez vos collaborateurs à trouver LEUR sens ou regardez les partir ! Ne cherchez pas à imposer le votre !

Les attentes des collaborateurs évoluent vers des objectifs liés à l’impact sociétal. Les motivations profondes ne sont plus seulement personnelles mais collectives :

  • Les individus veulent contribuer à une empreinte positive sur la société et l’environnement.
  • Les organisations perçues comme purement transactionnelles ou centrées sur le profit peinent à inspirer une motivation sincère.

Implication stratégique :

Le manager doit aligner la stratégie de l’entreprise sur des objectifs d’impact sociétal mesurables et tangibles. Cela crée un cadre motivationnel où chaque collaborateur peut se projeter dans une histoire collective plus grande que lui-même.

L’intelligence organisationnelle comme moteur d’engagement

La motivation ne peut pas être décorrélée des capacités d’apprentissage organisationnel. Une organisation qui ne favorise pas l’adaptation ou l’innovation entrave la motivation de ses collaborateurs :

  • Les collaborateurs motivés sont ceux qui voient une progression possible, tant pour eux-mêmes que pour l’organisation.
  • Une culture de l’itération et de l’apprentissage (plutôt que du contrôle et de la conformité) motive naturellement les équipes à expérimenter et à s’engager.

Implication stratégique :

Le manager ou son dirigeant doit devenir le gardien de l’agilité organisationnelle, en mettant en place des structures qui permettent une amélioration continue et un apprentissage collectif.

Et enfin, remplacez la motivation par l’engagement ! Je réserve cette partie pour un autre article car j’ai plusieurs choses à vous dire.


Pour conclure cet article trop long, je souhaite revenir à cette évidence : il est temps de passer à l’action. Ce n’est plus de simples « techniques » dont nous avons besoin, mais d’une transformation profonde de notre approche du travail, du management et de la culture d’entreprise dans laquelle ces deux activités se déroulent.

Vous avez maintenant entre les mains une compréhension des limites des modèles passés, des pièges du management situationnel mal interprété, et surtout, de l’importance de l’aimer-faire et des appétences. Vous comprenez que la motivation ne se décrète pas, qu’elle ne s’impose pas par des récompenses ou des punitions, et encore moins par des « recettes » toutes faites.

Alors, que faire concrètement ?

Cessez de chercher à « motiver » au sens traditionnel du terme. Concentrez-vous plutôt sur la création d’un environnement où l’engagement s’épanouit naturellement. Cela implique :

  • De repenser le travail : Alignez les missions sur les valeurs et les appétences de vos collaborateurs. Donnez-leur de l’autonomie, des défis stimulants et un sentiment d’appartenance à un projet porteur de sens.
  • De cultiver la confiance : Soyez transparents, cohérents entre vos paroles et vos actes, et favorisez une culture où l’erreur est perçue comme une opportunité d’apprentissage.
  • De privilégier les dynamiques collectives : Créez des espaces d’échange, de collaboration et de co-construction. Encouragez l’apprentissage continu et la reconnaissance mutuelle.
  • De développer une intelligence organisationnelle : Adaptez vos structures et vos processus pour favoriser l’agilité, l’innovation et l’amélioration continue.

En somme, il s’agit de passer d’une logique de motivation descendante à une logique d’engagement partagé.
C’est un changement de paradigme qui demande du courage, de la remise en question et un véritable investissement humain.

Commencez dès aujourd’hui à initier cette transformation au sein de votre équipe, de votre entreprise. Car l’avenir du travail ne se construira pas avec des techniques obsolètes, mais avec des individus engagés, passionnés et alignés sur une vision commune. L’heure n’est plus à la motivation artificielle, mais à la création d’un écosystème où l’envie de faire grandit naturellement. C’est là que réside la véritable clé du succès.

La suite : Remplacer la motivation par la recherche d’engagement

Comment puis-je vous aider à changer vos méthodes de motivation ?

Vous avez envie de faire évoluer votre approche du leadership et de l’innovation, mais vous ne savez pas par où commencer ? Peut-être que vous hésitez entre un atelier interactif, une conférence inspirante ou un accompagnement sur mesure.

Je suis Benjamin Chaminade, consultant en innovation et leadership, et j’accompagne les équipes et dirigeants qui veulent aller plus loin que les “méthodes de motivation” classiques.

  • Besoin de repenser vos pratiques managériales ? Nous pouvons mettre en place des ateliers pour intégrer l’aimer-faire et les appétences de chacun dans votre organisation.
  • En quête d’une culture d’engagement durable ? Nous pouvons co-construire des rituels et des processus favorisant la transparence, la confiance et l’autonomie.
  • Environnement VUCA, télétravail, générations hybrides ? Nous travaillons ensemble sur des solutions concrètes pour cultiver une dynamique d’équipe solide, quels que soient vos enjeux.

Mon rôle : vous aider à installer ces nouvelles pratiques dans la durée en trouvant les leviers d’engagement qui correspondent vraiment à la réalité de vos collaborateurs.

En un mot, je suis là pour vous accompagner à passer de la “motivation descendante” à l’engagement collectif.

Vous voulez en discuter autour d’un café virtuel ou d’un atelier dédié ?
Contactez-moi et voyons comment transformer votre organisation pour que l’envie de faire s’épanouisse naturellement !

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