faire appel à un conférencier

Faire appel à un conférencier : 7 points à trancher

Se préparer avant de faire appel à un conférencier peut faire la différence entre une intervention réussie et un intervenant qui part en hors-piste. La question du pourquoi se règle en trois minutes, celle du comment demande une heure de travail interne que presque personne ne fait.

Faire appel à un conférencier, les sept points à préparer avant l'intervention

Le marché existe et se porte bien. Selon l’étude partenariale menée pour l’UNIMEV, l’Union française des métiers de l’événement, 380 000 événements d’entreprise et d’institution sont organisés chaque année en France, pour 52 millions de participants et 32 milliards d’euros de retombées économiques.

Ces événements se composent à 54 % de séminaires et de réunions de travail, à 20 % de soirées d’entreprise et à 13 % d’événements de communication externe. Les entreprises françaises y consacrent 5,5 milliards d’euros par an selon les données les plus récentes disponibles.

Faire appel à un intervenant extérieur pour apporter un regard neuf, décrypter les enjeux, aider à prendre du recul et fédérer les équipes est devenu une pratique répandue, jusqu’en PME. Je continue pourtant de recevoir des appels de professionnels qui ne savent pas comment travailler avec une personne présente quelques heures seulement.

Cet article traite les deux questions dans l’ordre. D’abord ce qu’un conférencier apporte réellement à votre entreprise, ensuite les sept points à trancher en interne avant de composer le moindre numéro.

La raison Le réflexe qui rate Le déplacement
Une voix qui ne vient pas de la maisonFaire appel à un conférencier sert à porter un message qu’une voix interne ne peut pas porter, à décrypter un sujet complexe et à remettre une équipe en mouvement. Le regard extérieur fait une partie du travail à lui seul. Chercher le bon nom d’abordLa démarche commence presque toujours par la recherche de l’intervenant, du thème et du budget. La préparation interne arrive ensuite, quand elle arrive, et une demande construite en collectant les attentes de chaque service produit un catalogue impossible à traiter en une heure. La réussite se joue avant l’appelSept points se tranchent en interne avant de contacter le moindre intervenant, du résultat attendu au format retenu, en passant par la composition de l’audience et le niveau de personnalisation. Ce travail appartient au commanditaire et ne se délègue pas.
Avant l’interventionAprès l’intervention
Manque d’inspiration et routine installéeRegain d’énergie et envie de tenter
Motivation en baisseEngagement renforcé autour d’objectifs communs
Peu d’idées nouvelles remontéesOuverture aux propositions et aux essais
Message interne peu entenduMessage porté par une voix extérieure et accepté
Ce qu’une intervention déplace dans une équipe

Faire appel à un conférencier ne s’improvise pas

Les commanditaires qui font appel pour la première fois à un conférencier se reconnaissent à quelques réflexes constants, une liste de sujets trop longue, une négociation centrée sur la durée d’intervention et des attentes de résultats immédiats. Aucun de ces réflexes ne relève de la mauvaise volonté.

Les neuf signes d’un premier appel

  1. Une liste de sujets à aborder longue comme un été, qui transforme une intervention en catalogue exhaustif. Se décharger de la complexité de son environnement sur l’intervenant ne la simplifie jamais.
  2. La répétition du mot interactif, souvenir d’une conférence subie il y a dix ans, tellement ennuyeuse et chargée de listes à puces qu’elle donne encore envie de rejoindre le parti suisse anti-PowerPoint.
  3. La négociation des honoraires à la baisse, parce que la prestation est ramenée au temps de présence sur scène plutôt qu’à la valeur apportée.
  4. Des attentes de changements majeurs dès la fin de la conférence. Après tout, elle était inspirante.
  5. La sous-estimation de la préparation, comme si l’intervenant pouvait arriver les mains dans les poches et improviser.
  6. L’hésitation à transmettre des informations sensibles, alors qu’elles conditionnent toute personnalisation réelle.
  7. Le micromanagement du contenu, avec des directives très précises sur la façon de mener l’intervention plutôt qu’une confiance accordée au professionnel retenu.
  8. La difficulté à définir des objectifs clairs, ce qui rend impossible toute mesure du succès.
  9. La demande des slides avant l’intervention, sous prétexte technique ou parce que la direction ne laisse pas une personne extérieure parler sans validation préalable.

Si vous vous reconnaissez dans cette liste, la suite de cet article vous concerne directement. Le succès d’une intervention dépend autant du commanditaire que du conférencier, et la part qui vous revient se joue entièrement avant l’événement.

Si vous préférez une synthèse en vidéo, celle-ci est structurée par chapitres pour accéder rapidement au point qui vous intéresse.

Les 7 points à préparer avant d’appeler un conférencier

Ce que la préparation change concrètement

Une demande précise raccourcit le cycle de décision, réduit le nombre d’allers-retours et permet à l’intervenant de construire une intervention sur mesure plutôt qu’un contenu d’étagère. Elle protège aussi votre audience, qui reçoit alors ce qu’elle attendait.

Les sept points qui suivent se tranchent en interne, avant le premier appel. Ils ne demandent ni budget ni expertise particulière, seulement des décisions que personne d’autre que vous ne peut prendre.

Retour terrain

La demande de trois lignes qui cachait quatre commanditaires

J’ai reçu la demande d’une DRH qui cherchait un intervenant pour, je cite, comprendre les attentes des nouvelles générations pour identifier les leviers d’engagement à déployer pour la rétention des talents tout en apportant un éclairage sur l’évolution du travail d’un point de vue prospectiviste en prenant en compte la logique de subsidiarité, d’agilité et d’écosystème demandée par les métiers du conseil et les projets ESN.

Ce n’est pas une blague, et ce type de demande revient plusieurs fois par an. En la relisant, on distingue quatre voix. Un recruteur a demandé de parler de générations, le directeur commercial des métiers du conseil, le dirigeant de subsidiarité et la communication interne d’engagement. La personne qui m’écrit a fait le tour des popotes et transmet la complexité telle quelle, en me demandant de la simplifier à sa place.

Une demande illisible signale rarement un problème de rédaction. Elle signale un arbitrage qui n’a pas été fait en interne. Réduisez votre demande à un titre de dix mots maximum avant d’appeler qui que ce soit. Celle-ci tenait en une phrase, quels sont les leviers d’engagement et de fidélisation des jeunes consultants.

Intervention d'un conférencier devant une audience en entreprise

Les sept points à trancher avant d’appeler un conférencier

Sept décisions conditionnent la réussite d’une intervention, le résultat attendu, le sujet exact, le format, l’étendue, le niveau de personnalisation, la composition de l’audience et les livrables. Chacune se prend en interne et se transmet ensuite à l’intervenant.

Soyez clair sur vos attentes

La question à se poser en premier tient en une phrase, quels sont les résultats attendus de cette intervention ? Cochez dans la liste suivante ce que vous en attendez vraiment.

  • Transmettre un message, positif ou difficile, en le confiant à une voix extérieure qui l’étaiera de chiffres et d’expérience.
  • Obtenir un éclairage sur un sujet d’actualité ou une tendance pertinente pour votre secteur.
  • Vous préparer à l’avenir en anticipant les changements de votre domaine.
  • Recevoir une intervention inspirante pour renforcer la cohésion, stimuler la créativité ou soutenir un changement.
  • Offrir un aperçu des tendances en cours et des meilleures pratiques du moment.
  • Divertir une audience après une session de travail dense, en détendant l’atmosphère.

Ces attentes doivent être partagées en interne, et notamment avec l’audience cible. Vérifiez avant de solliciter un intervenant que toutes les parties prenantes comprennent l’objectif visé, sinon l’intervention ne satisfera que ceux qui l’ont choisie.

Précisez enfin jusqu’où votre audience accepte d’être remise en question, pour éviter que l’intervenant ne dépasse ce que votre culture d’entreprise supporte. Rappelez-vous quand même qu’un intervenant ne vient pas servir des frites. Il y aura des brocolis et des choux de Bruxelles, c’est-à-dire des choses que vous devez entendre sans en avoir forcément envie.

En résumé, soyez transparent sur vos objectifs pour ne pas laisser place à la déception.

Soyez précis sur le sujet que vous souhaitez traiter

La question devient ici, comment résumer l’intervention attendue en quelques mots ? Une demande impossible à résumer en dix mots révèle presque toujours l’un de ces trois cas de figure.

  1. La personne qui sollicite n’est pas la donneuse d’ordre. Elle a fait le tour des services et chacun lui a donné sa liste de sujets.
  2. Le travail de précision et de simplification n’a pas été fait, et la complexité est transmise telle quelle à l’intervenant.
  3. La personne est sous pression, sans direction claire, avec le risque réel de choisir le mauvais intervenant.

Ma réponse s’adapte à la situation. Quand mon agenda le permet, j’aide à poser les idées en plusieurs entretiens de préparation. Sinon, je demande au commanditaire de trouver lui-même un titre en dix mots ou moins, et je le propose à sa place quand le blocage persiste.

Quand la personne n’a aucun pouvoir de décision sur le contenu, parce qu’elle agit pour un tiers, il m’arrive de décliner. Une demande de ce type ne cherche pas une conférence mais un catalogue, et lire un catalogue sur scène ne s’appelle pas une conférence. Cela s’appelle une punition.

En résumé, soyez précis sur le thème pour éviter les problèmes.

Ne confondez pas conférence et formation

La question porte ici sur l’adéquation du format, est-ce que la conférence répond vraiment à ma demande ? Attendre d’une heure de conférence qu’elle développe la collaboration, valorise les comportements collaboratifs et fournisse des outils utilisables dès le lendemain conduit droit à la déception. Ce besoin appelle un atelier ou une formation.

Une variante consiste à attendre de l’intervenant qu’il réponde à une longue liste de questions étrangement toutes orientées business. Là, il ne faut pas confondre conférence et conseil gratuit.

Le bon format se trouve à l’équilibre entre l’importance de vos enjeux et le temps que vous pouvez y consacrer. Trois voies s’ouvrent alors, réduire l’ambition de la conférence à un enjeu principal, compléter l’intervention par des ateliers en sous-groupes, ou faire appel à quelqu’un capable de décliner le même sujet en plusieurs niveaux d’intervention.

En résumé, calibrez le format et la durée en fonction des enjeux que vous y mettez.

Précisez l’étendue de l’intervention

La question devient, de combien de temps est-ce que je dispose et qu’est-ce que j’en attends ? Il s’agit de choisir entre largeur et profondeur. Une présentation globale introduit une réflexion dans l’entreprise, une intervention profonde détaille la mise en œuvre concrète pour passer à l’action.

En précisant le niveau de détail souhaité, vous aidez l’intervenant à orienter ses exemples. Sur le sujet VUCA, la version large présente les concepts de volatilité et d’incertitude avec des exemples et des quiz pour chaque lettre. La version profonde détaille l’application concrète dans une stratégie commerciale et managériale, comme Amazon avec sa stratégie Day one.

En résumé, déterminez la profondeur de l’intervention autant que sa largeur.

Précisez le niveau de personnalisation souhaité

La question est simple, voulez-vous une intervention standard ou une intervention adaptée à votre culture et à vos enjeux ? J’ai bien dit à votre culture et à vos enjeux, pas à votre secteur économique, parce qu’un intervenant doit vous inspirer plutôt que vous aider à copier ce qu’il a vu ailleurs.

Une intervention sur l’étagère se justifie dans trois cas. Elle coûte moins cher, faute de préparation spécifique. Le sujet n’a pas d’enjeu immédiat et vous cherchez surtout un éclairage. Ou vous voulez une performance ciselée au millimètre, qui tient autant du spectacle que de la conférence.

Pour une intervention qui résonne dans vos équipes et soutient un changement culturel, il faut au contraire une truelle, une brouette et les pieds sur terre. La personnalisation peut se limiter à la présentation de votre culture et des événements récents de votre entreprise, ou aller jusqu’à des entretiens téléphoniques entre vos collaborateurs et l’intervenant, pour qu’il s’imprègne du jargon interne et illustre son propos avec des situations vécues.

En résumé, évitez le copier-coller en commandant une intervention personnalisée.

Précisez la composition de l’audience et les horaires

Deux éléments influencent fortement la préparation, qui sera présent et à quelle heure. La composition de l’audience détermine le ton, le vocabulaire et les exemples retenus. S’adresser à des cadres supérieurs ne demande pas la même approche que parler à des opérationnels de terrain.

L’horaire compte tout autant. Une intervention placée juste après le déjeuner suppose de prévoir des moments de mise en énergie, une approche plus dynamique et des exercices interactifs pour tenir l’attention. Ces deux informations transmises en amont valent mieux qu’une improvisation le jour même.

En résumé, évitez une audience blasée en expliquant à l’intervenant devant qui il va parler.

Pensez aux livrables et à la technique

Les deux sujets sont liés. Il arrive régulièrement qu’un client demande le support de présentation avant l’intervention pour l’intégrer au dossier général, ou après pour le distribuer à l’audience. Ce point se discute en préparation, parce que certains intervenants transmettent leurs visuels avec plaisir et d’autres refusent.

Mes raisons tiennent en une phrase. Mes visuels illustrent mon propos et n’ont aucun sens sans lui, comme les images d’une vidéo privée de son. Une conférence n’est ni une formation, ni un atelier, ni une mission de conseil, elle ne produit donc pas de livrable. Sur certains sujets et dans un format de quatre-vingt-dix minutes, je laisse en revanche un livret d’exercices que l’audience remplit pendant l’intervention.

livret d'exercices remis à l'audience lors d'une intervention de 90 minutes

Côté technique, transmettez les conditions de présentation dès que possible, micro, espace de déplacement et possibilité de garder son ordinateur près de la scène. Depuis la période des conférences en ligne, le public apprécie les moments d’interaction par quiz ou sondage, difficiles à animer avec un ordinateur en régie et une télécommande à deux boutons.

En résumé, pensez à tous les paramètres sans oublier l’intervenant et ses conditions de travail.

Ces sept arbitrages s’inscrivent dans une décision plus large, celle d’engager ou non une intervention extérieure. Si la question reste ouverte chez vous, reprenez la grille de décision du recours à un conférencier en entreprise, qui compare les formats et fixe les indicateurs à relever ensuite.

Le brief est calé, la salle ne l’est pas encore

Vos sept points sont tranchés et la date approche ? Passez à la logistique et au déroulé avec ma méthode pour préparer l’intervention d’un conférencier, du repérage de salle au timing de la journée.

Comment je peux vous aider à préparer votre intervention

J’interviens plus de cent fois par an sur le leadership, le management, les ressources humaines et l’innovation. Selon votre point de départ, le travail commence par le cadrage de votre demande ou directement par le choix du format.

Cadrer votre demande avant de choisir le format

Quand la demande arrive chargée des attentes de quatre services, je propose un ou deux entretiens de préparation pour la réduire à un enjeu principal et à un titre de dix mots. Ce travail conditionne tout le reste, et il se fait avant la signature plutôt qu’après.

Vous repartez de ces entretiens avec un objectif formulé, une audience caractérisée et un format calé, y compris si vous décidez ensuite de travailler avec un autre intervenant.

Conférences, ateliers et masterclass sur mes sujets

Je décline le même sujet en plusieurs niveaux d’intervention, de la conférence d’une heure à la masterclass, jusqu’à la mission de conseil quand l’enjeu le justifie. Le détail des thèmes figure sur ma page sujets d’intervention.

Pour vérifier que le profil correspond à votre besoin avant même de m’écrire, l’article sur le rôle d’un conférencier détaille ce que ce métier recouvre réellement. Pour discuter de votre événement, contactez-moi directement.

À lire aussi : Quand c’est au patron de demander la permission. La subsidiarité en entreprise se proclame partout et ne se mesure nulle part. Comptez ce qui remonte chez vous, le chiffre parle plus que votre charte.

Conclusion

Faire appel à un conférencier répond à trois besoins que votre organisation ne couvre pas seule, porter un message avec une voix extérieure, apporter une expertise à jour et créer une expérience commune qui fédère. Ces trois apports justifient l’investissement, à condition que le brief le permette.

Les erreurs coûteuses sont toujours les mêmes, un catalogue de sujets à la place d’un thème, des attentes de résultats immédiats et une communication interne inexistante sur les objectifs. Elles se corrigent toutes avant le premier appel.

Clarifiez vos attentes, définissez précisément votre sujet, choisissez le bon format et dites jusqu’où vous voulez que l’intervention soit personnalisée. Faire appel à un conférencier devient alors une décision préparée plutôt qu’un pari, et l’intervention produit ce que vous en attendiez.

Questions fréquentes sur le fait de faire appel à un conférencier

Pourquoi faire appel à un conférencier plutôt qu’à une voix interne ?

Un message porté par quelqu’un d’extérieur à l’entreprise se reçoit différemment, surtout quand il dérange. L’intervenant apporte aussi une expertise à jour, des exemples venus d’ailleurs et une liberté de ton qu’aucun salarié ne peut se permettre devant sa propre direction.

Qui doit rédiger le brief avant d’appeler un conférencier ?

Le brief se rédige par la personne qui porte l’objectif de la séance, avec l’accord du sponsor qui engage le budget. Une demande relayée par un intermédiaire sans pouvoir de décision sur le contenu produit un catalogue de sujets, et aucune intervention ne tient sur un catalogue.

Faut-il choisir une conférence, un atelier ou une formation ?

La conférence informe et inspire en une à deux heures. L’atelier fait pratiquer et développe des compétences. La formation structure un apprentissage évalué sur plusieurs jours. Attendre des outils utilisables dès le lendemain d’une conférence d’une heure mène toujours à la déception.

Un conférencier fournit-il ses slides après l’intervention ?

Cela dépend de l’intervenant et se négocie avant, jamais le jour même. Certains les laissent volontiers, d’autres refusent parce que leurs visuels illustrent un propos et n’ont aucun sens sans lui. Une conférence n’est ni une formation ni une mission de conseil, elle ne produit pas de livrable.

Que faire quand plusieurs services demandent des sujets différents ?

Choisissez un objectif unique et traitez les autres demandes ailleurs, en atelier ou en session de suivi. Un commanditaire qui réclame quatre résultats pour une heure de scène garantit qu’aucun ne sera atteint, et ce tri se fait en interne avant le premier appel.