Est-ce que le « Coffee Badging » est une façon de pratiquer le « Quiet Quitting » de certains salariés hybrides ?
Question subsidiaire : Est une répercussion à la pratique des entreprises qui imposent des jours de présence sur le lieu de travail ? Un phénomène qui prend de l’ampleur en France avec l’augmentation des jours de présence dans les politiques de travail hybride.
Il se trouve que certains collaborateurs, mécontents de cet ajustement, ont trouvé un moyen de contourner ces exigences.
Une tendance controversée appelée « coffee badging » qui, si elle n’est pas récente pour l’avoir pratiqué assidûment pendant mon service miliaire, connaît un regain de popularité ces dernières semaines.

Qu’est-ce que le « Coffee Badging » ?
Le « coffee badging » (littéralement « badgeage café ») consiste à montrer sa présence dans son entreprise et à n’y rester que quelques heures. Juste assez longtemps pour prendre un café, assister à une réunion ou un atelier, ou encore de déjeuner avec un collègue à la cafétéria, avant de rentrer travailler à son domicile pour éviter les embouteillages de l’après-midi.
En résumé, cela revient à marquer sa présence physique au bureau tout en conservant la flexibilité du télétravail.
Voici quelques exemples concrets de « coffee badging » :
- Arriver au bureau vers 9h, prendre un café avec ses collègues pendant une heure, puis rentrer pour travailler à distance.
- Se rendre au bureau uniquement pour une réunion d’équipe ou un atelier en présentiel, puis retour maison pour terminer sa journée de travail.
- Fait une apparition au bureau en fin de matinée pour déjeuner avec ses collaborateurs, avant de retourner travailler à domicile l’après-midi.
Le Coffee Badging, démobilisation ou « quiet quitting » ?
Il ne faut pas tout confondre. Après avoir échangé avec quelques collaborateurs qui ont clairement manifesté leur intention de considérer le travail hybride comme un travail flexible, les choses sembles claires. Ils se présentent au bureau pour maintenir le lien mais souhaitent garder le contrôle sur leurs heures de bureau et maintenir leur intégration entre vie professionnelle et vie privée.
Ce qui signifie selon moi que, certes, ils veulent le beurre et l’argent du beurre (Un boulot de salarié ET la liberté d’un indépendant), mais il ne s’agit pas forcément d’une alternative au « quiet quitting » ou « démission silencieuse ». En tout cas, si les résultats se maintiennent et qu’il ne semble pas que vous êtes en train de financer sa recherche d’emploi.
La tendance a été décrite pour la première fois dans un rapport de 2023 par Owl Labs, qui a révélé que :
- 30% des salariés français ont déjà pratiqué le « coffee badging ».
- 7% déclarent ne jamais l’avoir fait mais souhaiteraient l’essayer.
- 58% des travailleurs hybrides français ont déjà eu recours à cette pratique.
La répartition par genre montre que :
Variations générationnelles et culturelles du Coffee Badging
Cette pratique varie également selon les groupes d’âge, montrant des sentiments différents envers le retour au bureau obligatoire (RTO) selon les générations. Parmi les salariés hybrides, 63% des Les millennials (génération Y) sont la tranche d’âge la plus encline à adopter cette pratique, contre 54% de la génération X, 43% de la génération Z et 38% des baby-boomers, selon le rapport.
Bien que la tendance soit apparue dans les conversations l’année dernière, le « coffee badging » et est pratiqué depuis toujours* a fait l’objet d’une attention renouvelée ces dernières semaines alors que de grands employeurs ont intensifié les exigences de présence au bureau pour tenter de fermer ces échappatoires.
* dans les environnements professionnels qui le permettent..
Cette semaine, Business Insider a obtenu des messages sur Slack de travailleurs d’Amazon qui ont été informés qu’ils devaient être au bureau pendant au moins deux heures pour que leur journée de travail en présentiel soit comptabilisée. D’autres équipes ont été invitées à rester jusqu’à six heures.
Des entreprises comme Amazon et Dell ont tenté de faire respecter les mandats de retour au bureau en bloquant les promotions pour certains salariés qui ne se conforment pas.
Finalement, est-ce que le coffee badging n’est pas encore une autre preuve du décalage entre les salariés et leur direction concernant le travail à distance et hybride ?
En 2024, environ 29 % des français travaillent au moins partiellement à domicile, selon les données de Statista. Ce chiffre est identique à celui de 2018 et représente une baisse de 12% par rapport à avant la pandémie.

L’avenir du Coffee Badging
Le travail flexible semble non seulement être la nouvelle norme mais aussi bénéfique pour la productivité des travailleurs. Lorsque les employés sont au bureau, ils sont souvent plus distraits par les personnes autour d’eux.
De plus, une nouvelle étude a trouvé que le retour au bureau obligatoire n’améliore pas réellement la productivité ou les perspectives financières d’une entreprise.
En France, ce phénomène pourrait avoir des implications similaires, notamment dans les grandes entreprises parisiennes et les zones urbaines denses où le trajet domicile-travail est souvent long et stressant. Et pas seulement lors des jeux olympiques.
Adopter une approche plus flexible pourrait s’avérer avantageux tant pour les salariés que pour les employeurs, en favorisant un meilleur équilibre travail-vie personnelle et une productivité accrue. Après, et je pose ça là, quitte à travailler avec des collaborateurs qui font leur boulot de chez eux, pourquoi ne pas repenser son organisation de travail, la localisation de son lieu de travail, ou, pourquoi pas, ne faire appel qu’à des indépendants ?




[…] C’est cette personne qui est physiquement présente… mais qui a déjà mentalement décroché.Elle remplit ses tâches, mais sans énergie. Elle n’ose pas proposer, elle n’innove plus. Et sans parler de coffee Badging. […]