fobo, connaître les 5 risques d'obsolescence pour devenir antifragile

Les 5 risques d’obsolescence professionnelle

… et comment s’en protéger

Vous pensez que seule l’IA menace votre carrière ? Ce serait une bonne nouvelle car au moins nous saurions d’où vient le danger. En réalité, il existe 5 catégories de risques d’obsolescence qui pourraient vous rendre obsolète cette année, et l’IA n’est que la partie visible de l’iceberg.

Prenez Louise, 34 ans, cheffe de projet marketing dans une entreprise de services. Elle pensait être à l’abri avec son rôle de coordination de campagnes, de gestion de prestataires et de pilotage de budgets. Après tout, elle n’est pas guichetière, elle pilote des projets stratégiques. Pourtant, quand sa direction a annoncé un projet pilote avec HubSpot couplé à ChatGPT et Canva Studio, permettant à chaque commercial de créer ses propres campagnes sans passer par l’équipe marketing.

Louise venait de découvrir le FOBO – Fear Of Becoming Obsolete.

Cette peur de devenir obsolète n’est plus réservée aux « seniors » de plus de 45 ans. Désormais, peu importe votre âge, votre ancienneté, votre CV ou le prestige de votre école. Cette inquiétude transforme chaque nouveauté en menace, sape notre confiance et nous fait douter de notre capacité à faire face à l’avenir (ce qu’on appelle l’auto-efficacité).

Mais qui aurait cru que le vrai défi professionnel du XXIᵉ siècle ne serait pas de progresser dans son expertise, mais de rester pertinent face à ces différentes catégories de risques d’obsolescence ? Explorons ensemble ces 5 catégories et, surtout, découvrons comment nous en protéger avec des actions concrètes à mettre en place immédiatement.

LE PROBLÈME LA RAISON LA SOLUTION
Beaucoup de salariés se focalisent sur l’IA, alors que le risque d’obsolescence vient aussi du secteur, des compétences, des activités, du réseau et de ce qu’ils laissent derrière eux. Résultat, le FOBO s’installe. L’obsolescence est un iceberg, les signaux faibles arrivent tôt, mais on les voit tard, parce qu’on reste dans son silo et dans ses tâches “maintenance”. Protégez-vous avec un plan en cinq bascules, capital d’options plutôt que plan de carrière, curiosité plutôt qu’inquiétude, création de valeur plutôt que tâches, réseau composite plutôt que réseau de clones, empreinte professionnelle plutôt que simple image.
Fobo - Fear of being Obsolete - La peur de devenir obsolète par Benjamin Chaminade

Un article en 6 parties

  1. Introduction aux 5 risques d’obsolescence
  2. Du plan de carrière au capital d’options pour éviter les voies sans issues
  3. Transformer son inquiétude en curiosité
  4. De la captation de valeur à la création de valeur pour devenir stratégique
  5. Du réseau de clone pour éviter l’invisibilité
  6. De la marque personnelle à l’empreinte professionnelle pour exister sans être présent
  7. [Bonus] La conférence « Éviter l’obsolescence professionnelle »
fobo, plan de carrière et capital d'options

Votre Secteur Professionnel et votre Carrière

Le premier ensemble de risques d’obsolescence concerne votre secteur professionnel dans son ensemble et votre trajectoire de carrière en particulier. Ce type d’obsolescence est souvent le plus insidieux car il évolue lentement, puis soudainement tout bascule. Louise l’a appris à ses dépens quand elle a réalisé que les tendances qu’elle suivait n’étaient plus les bonnes.

Les 4 Indicateurs d’Alerte à Surveiller

Le suivi des tendances technologiques et marché

Quand les technologies et les attentes clients changent mais que vous ne faites que maintenir à jour un outil interne que votre entreprise est la seule à utiliser, ou que vous croyez encore à la « ménagère de 50 ans » comme persona marketing, vous n’êtes pas en danger : vous êtes en sursis. Si vous découvrez les tendances de votre marché sur la chaîne Histoire ou si votre chef d’entreprise pense que l’IA est une bulle (il a peut-être raison, mais méfions-nous), c’est un signal d’alarme.

Les mouvements économiques et business

Quand les tendances bougent, le business suit. Fusion, acquisition, externalisation, dépôt de bilan ou simple changement de business model comme le passage à l’abonnement et à la vente croisée dans le conseil. Ces signaux économiques ne sont pas des « news intéressantes », ce sont des déplacements de valeur que vous devez suivre et comprendre. Le bon réflexe n’est pas de baisser la tête en pensant qu’ils vous épargneront, mais de savoir comment les utiliser avant que le marché de l’emploi ne vous laisse sur place.

L’évolution du marché de l’emploi

Le meilleur moyen de vérifier votre pertinence est d’analyser si les offres d’emploi de votre secteur reflètent toujours vos activités actuelles. Louise en a fait l’expérience amère : en parcourant les offres de son secteur, elle a découvert qu’on demandait désormais des compétences en automatisation de campagnes, analyse de données et SEA – trois domaines qu’elle n’avait jamais touchés. Soudain, son plan de carrière ressemblait plus à une impasse qu’à une trajectoire ascendante.

L’immobilité de carrière

Les chiffres sont éloquents : en 2024, 40% des salariés en France occupaient le même poste depuis 10 ans ou plus (INSEE). Cette proportion grimpe à 66,5% chez les 50 ans et plus. Deux seniors sur trois sont très installés dans leur emploi. Le risque ? Seulement 35% des 55-64 ans ont suivi au moins une formation dans l’année, contre 57% pour les 18-44 ans. Ajoutez à cela qu’un adulte sur quatre entre 55 et 64 ans est aidant (parents vieillissants, enfants qui prolongent leurs études), ce qui pèse sur la disponibilité et l’énergie. La tentation de laisser son ancienneté se transformer en immobilité devient forte. Et là, c’est le drame.

La Solution : Passer du Plan de Carrière au Capital d’Options

Face à ces indicateurs, Louise a compris qu’elle devait changer d’approche. Au lieu d’attendre ses 2 ans d’ancienneté supplémentaires et son tour pour une promotion hypothétique, elle a commencé à bâtir un portefeuille d’options. Elle a repris contact avec une ancienne collègue travaillant dans l’expérience client, s’est inscrite à un webinaire sur le marketing automation et a repéré trois projets internes où elle pourrait expérimenter.

Un plan de carrière, c’est une ligne droite sur une carte qui peut être périmée sans que vous le sachiez. Un capital d’options, c’est un trousseau de clés qui ouvre plusieurs portes, un GPS qui se met à jour sans arrêt. La sécurité de l’emploi ne dépend plus de votre patience d’avoir fait la même chose pendant 5 ans, mais de l’optionnalité de votre portefeuille de compétences – c’est-à-dire du nombre de chemins crédibles que vos compétences vous ouvrent à tout moment.

Les différents modèles de carrière à explorer :

  • Carrière en Y : Progresser en valorisant votre expertise sans devenir manager (Bouygues Telecom a lancé une filière Expertise qui reconnaît et rémunère la progression technique)
  • Carrière hybride en X : Combiner expertise et leadership (chez Airbus, les « Référents techniques » pilotent les choix techniques et coordonnent des équipes transversales)
  • Carrière en Z : Mobilités latérales pour obtenir des compétences variées (Saint-Gobain pousse la mobilité inter-métiers, inter-filiales et internationale)

Les 3 P pour Développer votre Capital d’Options

Pour construire ce capital d’options et rester imperméable à l’obsolescence, vous avez besoin de :

  • Personnes : Des contacts hors de votre silo qui voient arriver la prochaine vague avant vous et peuvent vous introduire au changement qui arrive
  • Preuves : Des actifs réutilisables que vous avez créés et qui parlent quand vous n’êtes pas là
  • Pistes : Des expérimentations régulières pour déterminer ce qui marche et réduire l’incertitude sur un outil ou une méthode

Cette trilogie vous évitera de vous retrouver dans un cul-de-sac le jour où le contexte joue en votre défaveur. Mais attention, pour la développer, vous allez avoir besoin d’une capacité primordiale dont nous allons parler dans la deuxième catégorie de risques d’obsolescence.

fobo de la captation de valeur à la création de valeur

Votre Métier et vos Compétences

Si la première catégorie de risques d’obsolescence concernait votre environnement professionnel au sens large, cette deuxième catégorie touche directement au cœur de ce que vous faites : votre métier et vos compétences. C’est ici que l’IA et l’automatisation frappent le plus fort, mais ce ne sont pas les seuls dangers.

Les 4 Signaux d’Alerte

Le potentiel d’automatisation

Pour être dans l’actualité, commençons par le plus évident. La règle est simple : ce qui est répétitif et prévisible est potentiellement automatisable. Si plus de 30% de votre semaine ressemble à du copier-coller avec un peu de jugement, vous êtes en ligne de mire. Posez-vous la question avant qu’un financier ne la pose pour vous : quelle est la part d’effort que vous pouvez standardiser ou modéliser ? Plus cette part est grande, plus le risque monte.

La fréquence et justesse des formations

Louise s’est retrouvée face à ce dilemme : son entreprise lui proposait une formation interne sur la rédaction de newsletters standardisées, alors que le marché demandait des compétences en newsletters hybrides et ciblées utilisant l’IA. Elle sentait l’inquiétude monter : devait-elle accepter et perdre du temps, ou investir son énergie dans une compétence plus durable ?

Rappelez-vous : dans le monde du travail, vous ne stagnez pas. Soit vous évoluez, soit vous vous mettez en danger. Mais attention, la quantité de formation reçue ne sert à rien si vous vous formez à développer une compétence qui sera bientôt obsolète. Règle de base du peintre : ne pas se tromper de mur sur lequel mettre son échelle.

L’adaptabilité et transférabilité des compétences

Voici le test ultime. Si vous pouvez :

  • Clarifier une demande floue
  • Concevoir une expérience pour tester une hypothèse
  • Expliquer un résultat à quelqu’un qui n’a pas votre culture métier
  • Négocier un compromis entre risque et délai

Alors vos capacités sont adaptables et transférables. Sinon, vous êtes spécialisé dans quelque chose qui pourrait disparaître.

La structure démographique de votre équipe

C’est un indicateur que j’ai récemment ajouté car il est révélateur. Être le dernier quinqua de l’équipe peut signaler un métier en fin de cycle – quelqu’un doit encore faire fonctionner une ancienne techno pour le dernier client qui l’utilise. L’opposé est tout aussi inquiétant : un environnement avec « que des juniors et zéro mentors » indique que le travail s’est standardisé ou automatisé et que la valeur s’est déplacée ailleurs. La pyramide des âges n’est pas un jugement, c’est un tableau de bord qui montre où va la pratique, pas où elle était.

La Solution : Passer de l’Inquiétude à la Curiosité

Relions les points. Si plus de 30% de votre job est du copier-coller, que vos formations vous enfoncent dans une expertise incertaine et que la pyramide des âges de votre équipe est déséquilibrée, la valeur s’est déjà déplacée.

Plutôt que de subir cette inquiétude, Louise a décidé de la transformer en curiosité. Elle s’est abonnée à trois newsletters spécialisées, a créé des alertes Google sur le « marketing automation » et suit désormais des experts de son domaine. Chaque semaine, elle bloque une heure pour explorer ces contenus. Ce petit rituel lui redonne le sentiment d’avancer, non pas par peur, mais par curiosité.

L’avenir appartient aux personnes curieuses qui ne perdent pas de temps à se demander combien de temps il leur reste avant que leur expertise devienne inutile. Elles se renseignent, apprennent, se connectent, créent, expérimentent et savent poser les bonnes questions. La curiosité ne périme jamais et se développe à tout âge.

Outils pratiques pour développer votre curiosité :

  • Veille technologique : Explodingtopics ou Trendly pour identifier les tendances liées à votre activité
  • Alertes automatiques : Google Alerts pour rester connecté aux changements
  • Newsletters spécialisées : DataNews pour la tech, Harvard Business Review (en anglais, soyons sérieux) pour le leadership et l’innovation
  • Podcasts et vidéos : Transformer un temps mort ou un run en séance de micro-learning plutôt que de tuer le peu de neurones qui vous restent à Candy Crush
  • Livres récents : Comme le disait Harry Truman : « Tous les lecteurs ne sont pas leaders mais tous les leaders sont des lecteurs »

Mais ce n’est pas fini. Même si les 3 P et la curiosité sont les fondations de votre anti-obsolescence, passons maintenant à la troisième catégorie de risques d’obsolescence, celle qui concerne directement votre quotidien professionnel.

Transformer votre inquiétude de l'avenir en curiosité

Votre Emploi et vos Activités

Nous avons vu les risques liés à votre secteur et à vos compétences. Mais même avec un secteur porteur et des compétences à jour, vous pouvez être obsolète dans la façon dont vous exercez votre emploi au quotidien. C’est ce que Louise a découvert en analysant ses activités quotidiennes.

Les 3 Indicateurs Critiques

L’absence d’impact décisionnel

La question à se poser est simple mais cruciale : avez-vous récemment aidé un manager ou un client à prendre une décision grâce à votre travail ? Si vos livrables informent mais ne servent pas à prendre une décision, vous pouvez être inquiet. Je vous rappelle qu’on ne rémunère plus au volume d’informations mais aux choix qu’elles rendent possibles. Oui, je vise ceux qui font encore des rapports au kilo.

Votre éloignement de la chaîne de valeur

Plus vous êtes proche de la source de revenus, de la correction de problèmes ou de l’évitement de risques, plus vous êtes protégé. Plus vous êtes loin, plus vous risquez d’être un centre de coût standardisable, donc externalisable. C’est toute la différence entre :

  • Un community manager qui fait de beaux carousels vs un responsable CRM qui fait passer la réactivation clients de 4 à 7%
  • Un RH qui résout des problèmes de paie vs un RH qui trouve les compétences nécessaires au développement alors que vos concurrents n’y arrivent pas

Le déséquilibre entre maintenance et création

Quelle part de votre semaine est consacrée au reporting et aux corrections plutôt qu’à la proposition de nouvelles solutions, à la résolution de problèmes ou à la conception de nouvelles offres ? Est-ce équilibré ou est-ce que le plateau de la balance penche plutôt sur la maintenance ?

La Solution : Passer de la Captation de Valeur à la Création de Valeur

Louise a retravaillé son approche après cette prise de conscience. Elle a arrêté de présenter ses activités comme une liste de tâches (« rédaction de newsletters », « gestion de campagnes ») pour mettre en avant la valeur créée : « +18% d’ouvertures grâce à la segmentation d’audience », « réduction de 20% des coûts d’acquisition via l’automatisation », « 3 projets pilotes lancés pour tester de nouvelles approches CRM ».

Je peux dire en parcourant n’importe quel CV si quelqu’un est sur la pente de l’obsolescence. Si le candidat ne présente que les tâches effectuées dans une liste à puce et pas la valeur apportée, comme le font beaucoup de Français qui n’ont jamais travaillé à l’étranger, il annonce aux employeurs qu’il est un candidat attentiste persuadé que son expertise ou son ancienneté lui donnent droit à sa place dans l’organigramme. Spoiler : il va être surpris.

Aujourd’hui, votre valeur ne tient plus à la longueur de votre CV ni au nombre d’années affiché sur LinkedIn. Ce qui fait la différence, c’est votre capacité à initier, connecter, résoudre et oser. N’attendez pas qu’on vienne vous demander de faire quelque chose comme si vous étiez un ChatGPT qui respire. Soyez celui ou celle qui :

  • Amène l’idée neuve sur la table
  • Lance le test
  • Connecte deux mondes qui ne se parlaient pas
  • Répond « on essaie ? » plutôt que « ça ne va jamais marcher »
  • Dit « Je vous suis » plutôt que « pourquoi moi ? »

L’exercice hebdomadaire essentiel : « Quelle valeur ai-je apporté à mon client ou à mon entreprise cette semaine ? » Si vous n’avez pas de réponse, c’est un signal. L’obsolescence ne frappe pas ceux qui créent de la valeur, elle vise ceux qui s’endorment dans leur zone de confort.

En quatre mots : attendez moins, proposez plus. Ce n’est pas votre ancienneté qui vous protège, c’est l’impact concret que vous avez sur les défis de votre organisation. Et là, l’IA – aussi spectaculaire soit-elle – n’a pas encore le réflexe du « tiens, et si on tentait un truc ? » Si vous êtes reconnu comme la personne qui ose et qui essaie, vous êtes sur la bonne voie. Mais attention, ce n’est pas fini car nous arrivons à la quatrième catégorie de risques d’obsolescence, souvent négligée mais cruciale.

invisibilité professionnelle

Votre Réseau et votre Visibilité

Cette catégorie de risques d’obsolescence est souvent sous-estimée, pourtant elle peut être déterminante. Louise l’a compris quand elle a réalisé que son réseau ressemblait à une réunion Tupperware : des collègues du marketing, des anciens camarades d’école de commerce, et quelques contacts qu’elle croisait aux mêmes salons. Un miroir plutôt qu’un tremplin.

Les 3 Baromètres de votre Pertinence Professionnelle

La diversité de votre réseau

Si personne hors de votre service ne vous a sollicité ce mois-ci, votre réseau ressemble plus à un miroir qu’à un tremplin. Un réseau homogène rassure, mais il ne vous apporte ni angles nouveaux, ni relais quand l’organisation bougera sans vous. C’est exactement le piège dans lequel Louise était tombée.

Votre présence numérique professionnelle

Si vous et le résultat de votre travail ne sont pas visibles, vous faites face au même danger d’invisibilité qui, pendant le Covid, a touché les salariés à distance. Les chiffres sont parlants : 42% des managers admettaient les avoir négligés et 85% pensent que le télétravail tue la productivité. Il ne s’agit pas de devenir influenceur, mais d’être repérable en partageant votre avis, vos résultats, vos productions et en relayant les infos de votre entreprise – pas seulement d’être « utile ».

Les demandes entrantes pour votre expertise

Si personne ne vous consulte, soit votre avis ne compte pas, soit personne ne sait que vous avez un avis. Une étude du MIT montre que vos « liens faibles » ouvrent davantage d’opportunités d’emploi que les liens forts. Autrement dit, votre capacité à être sollicité par des connaissances périphériques est un bon thermomètre de votre pertinence.

La Solution : Passer du Réseau de Clones au Réseau Composite

Louise a décidé de transformer radicalement son approche. Elle a contacté une data analyst de 25 ans pour comprendre comment elle utilise l’IA dans ses campagnes, échangé avec un juriste de son entreprise pour décoder les contraintes RGPD, et participé à un webinaire animé par un expert CRM basé en Espagne. Trois conversations, trois angles différents qui lui ont donné plus d’idées qu’un mois passé entre marketeurs.

Un réseau de gens comme vous, c’est confortable. Vous partagez les mêmes acronymes et faites les mêmes blagues. Sauf qu’un réseau n’est pas un selfie. Un réseau devrait être un prisme qui :

  • Décompose vos angles morts
  • Vous met en prise directe avec d’autres façons de faire et de voir
  • Vous ouvre des portes quand la vôtre se referme

Je vous rappelle que la qualité de vos décisions dépend de la diversité des gens qui les nourrissent. Un juriste ne regarde pas un risque comme un product manager, une commerciale terrain ne lit pas un tableau comme un data analyst, une ingénieure de 25 ans n’explique pas un process comme un quinqua qui en a vu d’autres. Mélangez ces perspectives et vos choix deviennent plus rapides, plus robustes, plus ancrés dans la réalité.

Comment Développer un Réseau Composite

La méthode de la question :

Commencez à sortir de votre bureau avec une question ou un problème à résoudre. Et non, ne demandez pas une solution toute faite à une IA générative – vous cherchez une conversation, pas un copier-coller qui prouvera une fois pour toutes votre obsolescence consommée.

Les actions concrètes :

  • Demandez à un expert qui a écrit un livre sur le sujet (il répondra sûrement)
  • Contactez des personnes d’un autre pays pour comprendre leur approche
  • Partagez vos découvertes pour demander l’avis de votre réseau
  • Distinguez ceux qui se contenteront de liker, de commenter ou de vraiment s’impliquer

Le principe des trois dimensions :

Si vous avez plus de 40 ans, vous DEVEZ vous intéresser à ce que font les personnes de votre secteur qui sont plus jeunes et moins expérimentées que vous. Je suis le premier à me marrer quand une influenceuse de 25 ans en fait des tartines sur son expérience d’un an en visa vacances-travail en Australie. Pourtant, je suis jaloux quand cette personne a une communauté de plusieurs milliers de personnes actives avec lesquelles elle a des conversations dans ses commentaires alors que le cimetière de Bagnolet est plus vivant que la section commentaire de mes vidéos.

Ce que vous allez constater rapidement : vos idées deviennent plus actionnables parce qu’elles ont été testées contre d’autres contraintes, et vos opportunités se multiplient parce qu’un contact hors silo vous présente au bon endroit au bon moment. Votre pertinence cesse de dépendre d’une seule salle, d’un seul service ou d’une seule génération. Vous devenez une passerelle entre plusieurs mondes. Et en même temps, vous aurez déjà fait un premier pas pour vous protéger de la dernière catégorie de risques d’obsolescence.

fobo et empreinte professionnelle

Votre Capitalisation et Transmission

Cette dernière catégorie de risques d’obsolescence concerne ce qui continue d’agir quand vous n’êtes pas là. C’est la différence entre être indispensable (dangereux) et avoir créé de la valeur durable (protecteur). Louise l’a compris quand elle a réalisé que son « personal branding » sur LinkedIn se limitait à des photos d’événements et des réflexions traduites de consultants américains. Quelques likes, peu de souvenirs, aucun impact durable.

Les 3 Leviers de Pérennité Professionnelle

Les ressources réutilisables

Si vous ne produisez rien qui reste, votre valeur s’arrête à la porte de votre bureau. Ces ressources sont des objets concrets que d’autres peuvent reprendre sans vous appeler :

  • Une feuille de route documentée
  • Une checklist de processus
  • Un guide méthodologique
  • Un template Excel ou PowerPoint
  • Un prompt ChatGPT qui simplifie un travail rébarbatif

Louise a transformé une méthodologie qu’elle avait utilisée pour simplifier le lancement d’une campagne en feuille de route détaillée. Elle l’a mise dans un dossier partagé avec son équipe et a expliqué quand et comment s’en servir. Une semaine plus tard, un collègue lui dit : « J’ai utilisé ton modèle, ça m’a fait gagner une demi-journée ». Ce jour-là, Louise a compris qu’elle ne construisait plus seulement une marque : elle bâtissait une empreinte.

La cadence d’apprentissage actif

Si vous n’avez aucun créneau mensuel pour mener des expérimentations, vous avez raison de vous intéresser au FOBO. Vous n’avez pas besoin d’un MBA de l’INSEAD à 130 000 euros, il vous faut simplement un rythme et un rituel pour apprendre une nouvelle information et produire un micro-actif.

Journal d’apprentissage suggéré :

  • J’essaie… (cette nouvelle méthode)
  • J’arrête… (cette pratique obsolète)
  • Je change… (cette approche)
  • Je standardise… (ce qui fonctionne)

La mobilité géographique et linguistique

Si vous ne pouvez pas travailler à distance, bouger, ni collaborer en anglais, vos options rétrécissent. Il ne s’agit pas de devenir polyglotte ou digital nomad, mais d’assurer le minimum viable : conduire une réunion en visio avec le son, lire un article professionnel en anglais.

La Solution : Passer de la Marque Personnelle à l’Empreinte Professionnelle

Relions les points de cette cinquième catégorie de risques d’obsolescence. Si vous avez un réseau professionnel développé mais ne faites que partager des photos de vous devant votre Mac avec une tasse de matcha, plutôt que de produire et partager des choses utiles aux autres, et que vous ne menez pas d’expérimentations régulières pour acquérir de nouvelles techniques, le tout sans vous intéresser à ce qui se passe en dehors de votre langue ou zone géographique, vous devez rapidement agir.

La différence fondamentale :

Vous avez une marque personnelle. Très bien. Une photo en couleur, un profil bien rangé, des posts qui font des vues et qu’on like. Maintenant, la vraie question : que reste-t-il quand vous êtes en vacances ? Est-ce que votre équipe ou vos clients continuent à utiliser quelque chose que vous avez produit et obtenir un résultat prévisible ?

  • La marque personnelle : Ce que vous montrez de vous. Image, ton, opinions, présence. Utile pour être repéré. C’est un portrait.
  • L’empreinte professionnelle : Ce que les autres utilisent sans vous. Trames, modes opératoires, outils ou méthodes. Tout ce qui peut être plus utile aux autres que votre dernier post LinkedIn. C’est une boîte à outils.

La marque attire l’attention, l’empreinte déclenche l’action. La première est un portrait, la seconde une boîte à outils. Devinez laquelle réduit votre risque d’obsolescence.

Exemples Concrets d’Empreinte Professionnelle

Des professionnels qui ont compris :

  • Thomas Dorynek (SAP Success Factor) produit le podcast HRpulse sur la diversité, le télétravail, la productivité et le bien-être au travail. Pas du personal branding, mais de vraies conversations avec des professionnels du milieu.
  • Noémie Kempf avec sa newsletter The Storyline démonte les stratégies de marques pour que les lecteurs les réutilisent. Pas du personal branding pour la photo, mais des grilles qu’on applique dès lundi.

Comment créer votre empreinte dès aujourd’hui :

Passez du post éphémère à la ressource réutilisable. Choisissez un travail récent qui a bien marché et convertissez-le en format prêt à copier. Mettez-le dans un dossier partagé accessible à votre équipe ou vos clients et précisez quand et comment l’utiliser. Si quelqu’un s’en sert sans vous appeler, vous avez posé une brique d’empreinte. Si quelqu’un vous demande une question à son sujet ou vous remercie, vous commencez à développer une empreinte durable avec laquelle votre valeur devient évidente.

Transformer les Catégories de Risques d’Obsolescence en Opportunités

L’histoire de Louise nous montre que face aux 5 catégories de risques d’obsolescence, l’inaction n’est pas une option. Mais l’obsolescence n’est pas un destin, c’est juste un signal. Il ne s’agit pas de tout maîtriser, ni de courir derrière chaque nouveauté comme un hamster sous Red Bull, mais d’installer le réflexe d’avancer, de questionner, de tester, de se planter en souriant et de partager votre travail pour qu’il soit réutilisé.

Récapitulatif des 5 Actions Face aux Catégories de Risques d’Obsolescence

Pour transformer ces catégories de risques d’obsolescence en opportunités de croissance, voici les 5 actions à entreprendre dès aujourd’hui :

  1. Face au risque d’obsolescence de votre secteur et carrière : Passez du plan de carrière au capital d’options pour multiplier les portes ouvertes quand le contexte change, plutôt que de suivre une trajectoire figée qui pourrait ne mener nulle part.
  2. Face au risque d’obsolescence de votre métier et compétences : Passez de l’inquiétude à la curiosité pour voir chaque nouveauté comme une piste à explorer et non un danger à affronter.
  3. Face au risque d’obsolescence de votre emploi et activités : Passez de la captation de valeur à la création de valeur pour ne plus compter ce que vous récoltez, mais mesurer ce que vous faites pousser.
  4. Face au risque d’obsolescence de votre réseau et visibilité : Passez du réseau de clones au réseau composite interprofessionnel, interculturel et intergénérationnel pour élargir votre angle de vue et le scope de vos solutions.
  5. Face au risque d’obsolescence de votre capitalisation : Passez de la marque personnelle à l’empreinte professionnelle pour que votre influence persiste au-delà de ce qu’on pense de vous sur LinkedIn.

Le Message Final pour Naviguer ces Catégories de Risques d’Obsolescence

La clé pour faire face à ces catégories de risques d’obsolescence n’est pas de rester le meilleur sur le papier ou de garder vos petits secrets. C’est de rester vivant dans votre métier et unique dans votre façon de l’habiter. Vous avez entre les mains le pouvoir d’apprendre, de pivoter et de réinventer votre utilité.

Vous n’êtes pas un poste, vous n’êtes pas une case, vous n’êtes pas une expertise : vous êtes un potentiel évolutif, une source d’idées, un solutionniste de problèmes ou peut-être même le révélateur du talent des autres si vous êtes en position de le faire.

Louise a compris que face aux différentes catégories de risques d’obsolescence, elle devait agir sur tous les fronts : diversifier ses options de carrière, cultiver sa curiosité, créer de la valeur tangible, élargir son réseau et construire une empreinte durable. Six mois plus tard, non seulement elle n’a pas été remplacée par l’automatisation, mais elle est devenue celle qui pilote la transformation digitale de son département.

Alors, gardez votre curiosité affûtée, entretenez vos compétences, partagez ce que vous apprenez… et surtout, n’attendez pas que la vague vous emporte pour commencer à apprendre à nager. Les catégories de risques d’obsolescence ne sont pas des menaces inévitables, mais des signaux qui vous invitent à évoluer, à grandir et à rester pertinent dans un monde en perpétuel mouvement.

Comment puis-je Vous Aider à Transformer ces Risques d’Obsolescence en Opportunités ?

Les catégories de risques d’obsolescence ne sont pas une fatalité. Elles sont une invitation à évoluer, à grandir et à rester pertinent. Ne laissez pas vos équipes subir le FOBO. Transformons ensemble cette inquiétude en énergie créatrice.

Mes Interventions en Entreprise

Conférences Inspirantes (1h à 2h)

Je propose des conférences dynamiques et interactives sur le thème « Du FOBO à l’Antifragilité : Comment transformer l’obsolescence en opportunité ». Ces interventions permettent à vos équipes de :

  • Identifier rapidement leur niveau de risque face aux 5 catégories d’obsolescence
  • Comprendre les signaux faibles à surveiller dans leur secteur
  • Repartir avec des actions concrètes à mettre en place dès le lendemain

Ateliers Pratiques (demi-journée ou journée complète)

Mes ateliers « Anti-Obsolescence » sont conçus pour passer de la prise de conscience à l’action. Vos managers et leurs équipes travaillent sur :

  • L’audit personnalisé de leur capital d’options professionnelles
  • La construction d’un plan d’action face aux catégories de risques d’obsolescence identifiées
  • Le développement des 3 P (Personnes, Preuves, Pistes) adaptés à leur contexte
  • La création de leur première ressource réutilisable pour bâtir leur empreinte professionnelle

Programme de Transformation (3 à 6 mois)

Pour les organisations qui veulent aller plus loin, je propose un accompagnement sur la durée comprenant :

  • Diagnostic initial des catégories de risques d’obsolescence au niveau organisationnel
  • Sessions de formation pour les managers sur la création de valeur vs captation de valeur
  • Ateliers de co-création pour développer des réseaux composites internes
  • Suivi et mesure de l’évolution de l’antifragilité des équipes

Contactez moi pour passer à l’Action

Comme Louise qui est devenue pilote de la transformation digitale de son département, vos équipes peuvent transformer leur risque d’obsolescence en avantage concurrentiel. La question n’est pas de savoir si le changement va arriver, mais comment vous allez le surfer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *