Le marché de la conférence / marché des conférenciers a-t-il vraiment chuté en 2025 ? Si effectivement mon activité conférence à légèrement baissée au profit des activités de création de parcours managérial, certains collègues et agences de conférenciers me parlent d’une baisse de 30 à 70 % !
Qu’en est-il de mon point de vue et des études disponibles sur le marché de la conférence ?

Petit rappel, un conférencier ne vend pas « une heure sur scène ». Il vend un poste dans un budget. Budget événementiel. Budget communication. Budget RH. Budget commercial. Peu importe l’étiquette.
Ce qui compte, c’est que si ces budgets bougent, même légèrement, le marché des conférenciers bouge violemment.
Un chiffre pour poser le décor : les entreprises françaises ont dépensé 5,5 milliards d’euros en événementiel sur l’année 2024, encore trop tôt pour avoir le chiffre de 2025 même si l’on présume que cela a été une année de réajustement. On parle ici de parrainage, mécénat, relations publiques, salons et foires selon l’Event Data Book 2025 de l’UNIMEV, l’Union Française des Métiers de l’Événement, qui fait référence sur le secteur.
Si vous êtes conférencier, vous vivez dans l’écume de ces 5,5 milliards. Et l’écume, ça réagit au moindre courant d’air.
Deux autres infos dans la même source qui expliquent 2025 :
Premier point : 2024 a été un pic exceptionnel, dopé par l’effet Paris 2024. Les Jeux Olympiques et Paralympiques ont généré plus de 15 millions de visiteurs, un taux de remplissage hôtelier de 80% à Paris, et des retombées économiques estimées entre 500 millions et 1,8 milliard d’euros pour l’Île-de-France sur la période 2025-2034.
Deuxième point : selon le baromètre unifié du marché publicitaire (Kantar, France Pub et l’IREP), l’événementiel était attendu en recul de 3,7% pour 2025, précisément à cause de cet effet de base défavorable. Les dépenses événementielles 2024 avaient bondi de +17,6% par rapport à 2023. Un réajustement devait avoir lieu.
Traduction : quand 2024 fait +17,6% et que 2025 aurait été à -3,7% (en attendant le chiffre final d’ici fin janvier), si vous êtes conférencier, votre agenda a pris une claque.
Le marché de la conférence en 2025 : moins de volume, plus de sélection
Le marché des conférenciers dépend surtout des événements d’entreprise. Sur ce segment, les signaux 2025 sont limpides : budgets sous tension et réduction du nombre d’événements.
L’étude MICE 2025 de Coach Omnium en partenariat avec le Groupe 1001Salles auprès de 315 entreprises pose un constat sans appel : pour 1 commanditaire sur 2, l’activité MICE (Meetings, Incentives, Conventions, Events) a baissé ces trois dernières années. Deux tiers déclarent que leurs budgets ont pris du plomb dans l’aile.
Les chiffres 2025 de l’étude sont parlants :
- 38% des entreprises avaient anticipé une nouvelle contraction de leur activité MICE en 2025
- 18% craignaient une baisse de leur budget événementiel
- 60% pariaient sur la stabilité, ce qui, après des années de hausses, ressemble à un plateau
Le mécanisme est simple.
- Si l’événement dure moins longtemps, il y a moins de créneaux plénière.
- Si l’entreprise internalise davantage, elle utilise plus de voix internes, moins d’intervenants externes.
- Si le budget est challengé, le conférencier devient un poste “optionnel”, sauf s’il est perçu comme directement utile.
Et c’est là qu’on comprend le sentiment de “marché en chute”. Ce n’est pas forcément un effondrement global, c’est un tri plus dur qui touche directement les conférenciers : les entreprises réduisent le nombre d’événements et leur durée avec la baisse des budgets, privilégient les formats internes, et ont un recours accru à l’IA pour compenser la diminution des moyens.

Le format a muté mais certains conférenciers vendent toujours de l’ancien
Le problème n’est pas que les entreprises ne veulent plus d’intervenants externes. Le problème, c’est que beaucoup de conférenciers continuent de vendre une keynote “format 2018”, alors que la scène 2024-2025 ressemble plutôt à un programme compact, dense, personnalisé et chronométré au cordeau.
Les caractéristiques typiques des événements d’entreprise 2025 : environ 50 participants avec une durée majoritairement de 1 à 2 jours (voire moins) dont 70% se tiennent dans des hôtels. De plus, la durée des keynote continue de se réduire même si nous sommes sortis du format TedX de 18 minutes qui a été demandé pendant un temps, la demande pour les conférences est désormais de 45 minutes à 1 heure, questions comprises.
Ça a l’air anodin. Mais c’est un détail qui tue ou qui sauve.
Sur un format court, on ne met presque jamais deux keynotes d’une heure. On met un opening bref, un moment qui donne le cap, un témoignage, un module interactif, puis des ateliers. Donc la question n’est plus “pouvez-vous tenir une heure”. La question devient de plus en plus récurrente : “Pouvez-vous créer un maximum de valeur en 45 minutes, et laisser quelque chose d’exploitable derrière”.
Donc, même si l’entreprise continue de faire des événements, le « temps de cerveau disponible » pour une conférence classique se réduit comme peau de chagrin et la conférence est utilisée comme une source d’inspiration et d’information en préambule des ateliers.
En 2025, un conférencier qui vend encore uniquement “90 minutes d’un programme à prendre ou à laisser, avec micro-scène-merci bonsoir” pourrait tout aussi bien demander un rétroprojecteur.
Le durcissement des critères de sélection en 2025 : l’ère de l’exigence absolue
Les observations de terrain en 2025 révèlent une mutation profonde des attentes : face à des budgets plus resserrés et des agendas contractés, l’approximation n’est plus une option pour les organisateurs. La demande s’oriente vers des formats plus courts, denses et ultra-dynamiques, où la parole doit soutenir un message stratégique précis.
Dans ce contexte, la notoriété d’un intervenant s’appuie désormais sur une expérience de terrain incontestable et un niveau de professionnalisme extrêmement élevé. Les donneurs d’ordre privilégient des profils capables de conjuguer une forte présence scénique avec une expertise dont la crédibilité rassure et garantit l’adhésion immédiate des équipes.
Le défi actuel est de porter les enjeux prioritaires de l’entreprise avec une précision chirurgicale, tout en maîtrisant les codes d’une communication scénique percutante.
Florence Leoszewski – Conférences Aurore
Le canal de sélection a aussi changé
Côté tendances internationales, le canal de sélection s’est transformé. Le rapport Cvent Global Planner Sourcing 2026 auprès de 1 650 planners réalisée en juillet 2025 dans six régions du monde (Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Asie, Australie, Moyen-Orient & Afrique) confirme que :
- 70% des planners prédisent une hausse des événements en présentiel en 2026, contre près de 90% l’année précédente
- 75% des planners utilisent désormais l’IA dans le sourcing de lieurs et de conférenciers, oui, ce qui explique mon article « benjamin chaminade selon chatgpt«
- Plus de 60% s’attendent à augmenter encore cet usage en 2026
Pourquoi ça compte pour un conférencier ? Parce que le format ET le canal de sélection changent en même temps.
Traduction : vous n’êtes plus seulement choisi par relation, intuition et réputation. Vous êtes aussi comparé. Votre offre devient un “produit lisible”, qui doit passer dans une grille. Et si votre proposition est floue, elle ne passe pas la présélection, même si vous êtes excellent sur scène.
Même si cette présélection est parfois faite avec les pieds par une assistante qui trouve les slides d’un conférencier « Jolis ». Nous revenons sur le fait que vous êtes un produit et que vous devez aider les clients à vous lire alors que certains n’auront pas la curiosité de vous chercher sur youtube.
C’est comme passer d’un restaurant de quartier où l’on vous garde une table, à une plateforme où vous êtes une vignette au milieu de quarante. Si votre fiche n’explique pas clairement ce que la personne va gagner, vous êtes zappé avant même d’avoir été goûté. Oui, c’est injuste. Non, ce n’est pas négociable.
Ce que cela implique concrètement pour l’offre d’un conférencier
Ce que cela implique, très concrètement, pour l’offre d’un conférencier en 2025-2026.
- Vendre un format modulaire plutôt qu’un bloc unique. Une conférence courte, puis un Q&A structuré, puis une séquence de travail guidée en atelier ou « workshop », c’est plus “compatible” avec un événement de 1 à 2 jours.
- Ajouter une preuve d’usage. Une trame d’atelier, un kit manager, une check-list de déploiement, ou une capsule de synthèse, c’est ce qui aide l’acheteur à défendre la dépense.
- Optimiser la lisibilité pour la comparaison. Titre clair, promesse mesurable, public cible, résultats attendus, options, durée, contraintes techniques. Si un planner utilise l’IA pour comparer, ce contenu devient votre meilleur commercial.
En bref, le marché n’a pas seulement bougé en volume. Il a changé de forme. Et quand la forme change, ceux qui vendent encore l’ancien packaging ont l’impression que “le marché est mort”, alors qu’il est juste devenu plus court, plus dense, et plus comparatif.

2025, année du « retour à la normale ». Et ça pique.
Au-delà des formats et des canaux, il y a un facteur psychologique qu’il ne faut pas sous-estimer. L’UNIMEV et Républik Event soulignent explicitement l’effet « année marquante » de 2024 porté par Paris 2024, et l’idée d’un retour à une dynamique plus normale ensuite.
Ce point compte énormément car beaucoup de conférenciers ont pris 2024 comme référence implicite. Quand 2024 est une année dopée aux stéroïdes, 2025 ressemble à un crash même si le marché est plutôt en réajustement.
Paradoxe relevé par Coach Omnium : « Alors qu’une majorité des commanditaires déclare que les budgets MICE ont pris du plomb dans l’aile, les fourchettes moyennes de dépenses tendent à croître ! » Les budgets moyens par participant atteignent désormais 240 à 300€ pour les séminaires résidentiels, et 100 à 160€ pour les journées d’études.
L’explication ? « Les entreprises organisent moins d’événements à l’extérieur de leurs locaux, sur des durées plus courtes et des localités plus proches. On se réunit moins souvent, mais on privilégie la qualité. »
Le nerf de la guerre : la preuve d’utilité
Il y a eu une bascule culturelle côté acheteurs et organisateurs. Moins de « c’est inspirant », plus de « qu’est-ce que ça change lundi matin ».
Le rapport Cvent déjà cité révèle que l’engagement et la satisfaction des participants remontent en tête des priorités, devant la gestion des coûts qui était le KPI dominant jusque-là.
Un autre chiffre qui explique le stress des organisateurs (et, par ricochet, la pression sur les conférenciers) : 72% des organnisateurs s’attendent à une hausse des dépenses événementielles pouvant aller jusqu’à 20% en 2026 !
Traduction : même si les budgets montent, le message est clair : on monte sous contrainte, avec une exigence de valeur plus forte.
Sur le marché des conférenciers, ça crée une polarisation brutale :
- Les profils « preuve + méthode + impact » résistent mieux (Ma catégorie)
- Les profils « inspiration générale » souffrent davantage
- Les stars très premium continuent de capter une part disproportionnée car elles rassurent

Exemple terrain banal vécu cette année
Une demande datant de novembre 2025, une DRH prépare une convention interne pour décembre. Pas un “grand-messe” de trois jours façon Las Vegas mais un format court et efficace en hôtel de 1 journée et demi pour 50 personnes.
Son budget est sous pression, et elle sait que la direction va lui demander de justifier chaque poste. Le conférencier devient un achat à défendre, pas juste une bonne idée. C’est donc au conférencier / conférencière de rassurer la personne qui s’occupe de son sourcing MAIS AUSSI de donner suffisamment d’éléments pour être défendu en interne.
À ce moment-là, la DRH a deux propositions sur la table.
Option A. Une keynote “motivation et leadership” très large. 60 minutes. Un storytelling bien rodé. Pas de livrables. Pas de suite. Le conférencier promet un boost d’énergie. En gros, un excellent moment. Et oui, cela reste parfois ce qui est demandé : de l’inspiration ou au minimum ne pas se faire ch… pendant la présentation.
Option B. Une intervention plus courte, 40 à 50 minutes, calibrée pour un programme compact. Mais avec un dispositif. Un questionnaire court envoyé aux participants en amont. Un kit de déploiement pour les managers, avec 1 rituel à tester. Un plan d’action simple, et un point de suivi à J+30 en visio avec un sponsor interne. Bref, quelque chose qui “tient” après la photo de groupe.
En 2019, la DRH pouvait souvent faire passer l’option A sans trop de friction. Vous aviez un budget, vous faisiez venir un bon speaker, tout le monde applaudissait, et on passait à autre chose. Ce n’est pas que c’était inutile. C’est que la pression de preuve était plus faible.
En 2025, elle se retrouve en comité de direction avec une question qui revient comme un refrain : Qu’est-ce que ça change, concrètement, après l’événement ?
Et là, l’option B gagne plus souvent. Pas parce qu’elle est forcément plus brillante sur scène mais parce qu’elle se défend mieux, ligne par ligne, dans une logique de valeur et répond aux attentes du DAF, des opérations et des achats.
Le DAF demande comment on mesure le bénéfice. La RH répond que l’intervention est adossée à un diagnostic avant, puis à un plan d’action après, et qu’elle va mesurer deux ou trois indicateurs simples. Par exemple, le taux d’adoption du rituel, le score de clarté sur les priorités, ou la qualité de coopération perçue à J+30.
Le responsable opérations demande si ça va “prendre du temps”. La RH répond que c’est précisément conçu pour un format court. Et c’est cohérent avec la réalité des événements d’entreprise, qui sont souvent courts et denses.
Les achats demandent ce qui différencie ce conférencier d’un autre. La RH montre le kit, les livrables, le plan, et la méthode. Et là, ça devient comparable, donc achetable. Dans un monde où les organisateurs subissent des coûts qui montent et une pression accrue pour maximiser la valeur, ce type de proposition coche les cases.
Le point clé, côté offre conférencier, c’est que l’option B n’est pas “une conférence”. C’est un produit. Un produit qui s’insère dans un programme court. Un produit qui survit au lendemain. Un produit qui permet à une DRH de dire au COMEX autre chose que “c’était inspirant”.
Donc quand on dit “les conférenciers vendent encore de l’ancien”, je vous parle de ça.
Vendre une heure de keynote sans suite, c’est vendre une émotion. Parfois, c’est utile. Mais en 2025 et encore pire, en 2026, quand le budget est challengé et que la sélection se rationalise, l’offre qui passe le mieux est celle qui apporte aussi une preuve, un outillage, et un déploiement.
Ce qu’il faut retenir
Pour résumer, 2025 n’a pas « tué » le marché. Mais a comprimé le volume de créneaux, raccourci les formats, renforcé l’internalisation, et durci la sélection sur la démonstration de valeur.
Le marché n’est pas mort. Il a juste changé de règles. Et ceux qui s’adaptent continueront de jouer.
Comment je peux vous accompagner
Si vous souhaitez acheter une prestation de conférence, c’est précisément pour répondre à cette nouvelle donne que j’ai structuré mes interventions autour d’une logique simple : créer de la valeur avant, pendant et après.
En conférence, je ne livre pas une heure d’inspiration. J’interviens sur des formats adaptés à vos contraintes (45 minutes à 1h30), avec une promesse claire et des livrables exploitables : diagnostic amont, kit manager, plan d’action, point de suivi.
En atelier, je travaille avec vos équipes sur des problématiques concrètes : transformation managériale, engagement, future-proofing, business models… avec des outils testés dans plus de 1 000 interventions et 15 pays.
Mon positionnement : je suis dans la catégorie « preuve + méthode + impact ». Celle qui résiste quand les budgets se resserrent et que les COMEX demandent des comptes.
Si vous préparez un événement et que vous avez besoin d’un intervenant qui vous aide à défendre la dépense autant qu’à marquer les esprits, parlons-en.




