Expertise et IA : benjamin dans le style de thunderbird

J’ai nourri ChatGPT avec quinze ans d’expérience (la boulette ?)

En bouclant mon livre sur le management régénératif avant de l’envoyer à mon éditeur, j’ai créé un agent conversationnel sur ChatGPT pour permettre aux lecteurs de dialoguer avec le livre et d’en appliquer les préceptes à leur situation.

Super idée style genre « je suis à la page », ou me suis-je tiré une balle dans le pied ?

Expertise et IA : benjamin dans le style de thunderbird

Je viens de nourrir un système américain avec des études de cas clients, des histoires que je raconte en conférence et tout le contenu de mon dernier livre. Et là, la question de l’expertise et de l’IA n’est plus une théorie : une partie de mon expérience est désormais en ligne et je me demande si je suis devenu un fournisseur de contenu comme un autre.

Si, à partir de mon contenu et de tout ce que ces systèmes ont absorbé par ailleurs, une machine génère instantanément une réponse correcte, la valeur de ce que je partage en conférence tombe-t-elle à zéro sorti de mon charisme, de mon énergie et de ma vue qui baisse* ?

* Sisi

La crainte Ce qui se passe réellement Ce qui reste
L’expertise devient gratuiteLa question de l’expertise et de l’IA se pose d’abord comme une menace économique. Un système génératif restitue en quelques secondes une synthèse correcte sur n’importe quel sujet, ce qui semble annuler la valeur du savoir accumulé par un praticien. Le savoir informatif se banaliseLa restitution documentaire perd sa rareté, pas le jugement. Ce qui disparaît est le contenu explicatif générique, celui qui expose une méthode connue sans engager de position ni de responsabilité. Le tri, la position et la responsabilitéUn expert conserve trois choses non délégables : ce qu’il a vu de ses yeux, ce qu’il refuse d’inclure et ce qu’il accepte d’assumer devant un client. Aucune machine ne porte les conséquences d’un conseil.

Ce qui a réellement perdu sa valeur

Ce que je pense être la bonne nouvelle tient dans une distinction : ce qui s’effondre à l’ère des IA génératives est le contenu éducatif de base, celui qui explique une procédure connue à quelqu’un qui l’ignore encore. Ce type de production n’a plus aucune rareté, puisqu’une machine le restitue instantanément et sans erreur apparente.

Reste à savoir jusqu’où va cet effondrement, et ce qu’il emporte au passage. Trois constats permettent d’en délimiter la portée.

1. Le contenu explicatif générique n’a plus de marché

Les articles qui expliquent comment faire une chose, les listes des cinq meilleures façons d’obtenir un résultat et les vidéos pédagogiques conçues pour occuper un mot-clé appartiennent à cette catégorie. Selon moi, leur seule raison d’exister est de rendre accessible une information déjà trouvable ailleurs, en se battant à coup de mots-clés, de piliers, de clusters et d’articles satellites.

Le coup est rude pour ceux qui ont suivi le conseil le plus répandu de la dernière décennie : lancez votre marque personnelle, publiez souvent, appuyez-vous sur des trames toutes faites. Ce conseil fonctionnait tant que produire un contenu correct demandait du temps et de la discipline, deux choses que peu de gens acceptaient d’y consacrer. La régularité tenait alors lieu de différenciation. Elle ne différencie plus personne dès lors que produire ne coûte plus rien.

2. La sophistication de marché explique le mouvement

Ce phénomène n’a rien d’inédit, il s’est simplement accéléré. Selon le concept du publicitaire Eugene Schwartz et sa sophistication de marché, une audience traverse cinq stades de maturité, et chaque promesse qui a fonctionné devient inopérante à mesure que le marché l’a entendue.

  1. Le marché n’a jamais rien entendu de comparable, une promesse simple et directe suffit à capter l’attention.
  2. La promesse a circulé, il faut donc l’amplifier et annoncer davantage que les autres.
  3. Les promesses ne sont plus crues, il faut expliquer le mécanisme qui produit le résultat annoncé.
  4. Le mécanisme a été copié, il faut donc le raffiner, le préciser et démontrer sa supériorité.
  5. Le marché a tout entendu et ne croit plus rien, la seule voie restante passe par l’identité, la position et l’appartenance.

Appliqué au contenu d’expertise, ce modèle situe exactement le problème. Le contenu explicatif appartient aux stades deux et trois, quand nommer un mécanisme suffisait encore à se distinguer. Les systèmes génératifs ont propulsé tous les sujets au stade cinq d’un coup, celui où la promesse ne convainc plus personne et où seule la personne qui parle fait la différence.

Ce passage de stade s’étalait autrefois sur des années. Il s’est produit en quelques mois, simultanément, pour l’ensemble des domaines.

3. La valeur monte d’un cran plutôt qu’elle ne disparaît

Ce déplacement vers le stade cinq ne détruit pas la valeur, il la déporte vers ce qui relève de la personne. Les compétences se déplacent vers le haut à chaque automatisation, et la production de contenu suit exactement la même trajectoire. La valeur se concentre alors sur trois éléments qu’une machine ne peut pas fabriquer seule.

  • La narration personnelle, c’est-à-dire ce que vous avez vécu et que personne d’autre n’a vécu de cette façon.
  • La pensée originale, c’est-à-dire vos idées propres plutôt que des reformulations de l’existant.
  • La curation, c’est-à-dire votre capacité à discerner ce qui mérite d’être partagé et ce qui ne le mérite pas.

Ces trois éléments résistent parce qu’ils supposent une trajectoire individuelle. Une personne qui ouvre un système génératif et tape une phrase ne les obtient pas, quelle que soit la qualité de sa demande.

leader creatif

Pourquoi la valeur d’une expertise ne réside pas dans l’information

Ces trois éléments ont un point commun qui mérite d’être creusé : aucun ne réside dans le texte lui-même. C’est là que se cache l’erreur de raisonnement derrière mon inquiétude de départ. Elle consiste à croire que la valeur serait contenue dans l’information, comme une propriété objective transportée avec elle, alors qu’elle naît de la rencontre entre une information et l’objectif de celui qui la reçoit.

La valeur est perçue plutôt que contenue

Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. Cette idée ancienne explique pourquoi la plupart des contenus dits de valeur paraissent interchangeables. Ils sont rédigés comme si la pertinence était une propriété du texte plutôt qu’un effet chez le lecteur.

Les créateurs sont formés à l’objectivité, au partage de faits et à l’exposition de cadres éprouvés. Cette formation produit des textes que n’importe qui pourrait publier sans que personne ne remarque le changement d’auteur, ce qui constitue exactement la définition du contenu remplaçable.

Deux lecteurs, un même livre, deux valeurs

Un exemple suffit à rendre le mécanisme concret. Prenez un étudiant et un dirigeant qui lisent le même livre. Le premier cherche à réussir un examen, le second cherche une réponse pour faire évoluer sa pratique. Ils retiendront des passages différents et agiront de manière radicalement différente à partir du même texte.

Aucun contenu n’est donc objectivement précieux. Un contenu le devient pour quelqu’un qui poursuit un objectif précis à un moment précis, ce qui déplace la question de la production vers la connaissance de celui à qui vous vous adressez.

La signature qui rend un contenu non interchangeable

Si la valeur se joue chez le lecteur, il reste à savoir ce qui vous rend indispensable dans cette rencontre. Un contenu porte une signature quand le retirer de son auteur le rend incompréhensible ou moins crédible. Cette signature vient d’une position assumée, d’un exemple que vous seul pouvez raconter, ou d’un refus explicite qui engage votre réputation.

Le test est simple à appliquer. Retirez votre nom du texte et remplacez-le par celui d’un concurrent. Si rien ne choque, vous avez produit du contenu remplaçable, et une machine le produira mieux et plus vite que vous.

Le goût, le tri et la différence entre produire et diriger

Ce refus explicite mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il porte un nom et qu’il précède largement l’arrivée des machines. Le contenu médiocre n’a pas attendu les systèmes génératifs pour exister. Les fils recyclés, les conseils repackagés sous une nouvelle accroche et les citations inspirantes sans contenu circulaient depuis longtemps. Ce qui séparait la médiocrité du signal n’a jamais été l’outil employé.

Le goût suppose une hiérarchie assumée

Avoir du goût suppose de juger, et juger suppose de hiérarchiser. Nous vivons dans un environnement qui décourage les deux, en préférant que tout soit équivalent, interchangeable et immédiatement accessible.

Le goût se construit lentement par l’exposition, la répétition et la comparaison, jusqu’à pouvoir dire qu’une chose vaut mieux qu’une autre. Cela revient à refuser une option au profit d’une autre, donc à renoncer à plaire à tout le monde.

Du producteur au directeur

Ce déplacement du faire vers le choisir a déjà un précédent dans d’autres métiers. Un réalisateur de cinéma ne tient pas la caméra, ne construit pas les décors et ne mixe pas le son. Personne ne conteste pourtant qu’il ait fait le film, parce que la valeur réside dans la direction plutôt que dans l’exécution matérielle.

Le métier de créateur suit le même déplacement. Le producteur de contenu devient directeur de contenu, ce qui suppose de savoir ce que l’on veut obtenir, de reconnaître quand le résultat n’y est pas et d’assumer le choix final. Ces trois capacités ne se délèguent à aucun outil.

Cette question du tri, je me la suis posée très concrètement au moment de charger mes propres fichiers.

Retour terrain

Ce que j’ai mis dans mon agent, et ce que j’ai gardé pour moi

Avant d’envoyer mon livre sur le management régénératif à mon éditeur, j’ai créé un agent conversationnel pour que les lecteurs puissent appliquer les préceptes du livre à leur propre situation. J’y ai versé le contenu de l’ouvrage, mes exemples clients et les histoires que je raconte en conférence. Autrement dit, ce qui constitue mon fonds de commerce depuis quinze ans.

J’ai en revanche tenu à l’écart tout ce qui est vendable dans ma boutique Reboot-Lab, à commencer par les feuilles de route d’application, et tout ce qui pourrait ouvrir sur des séminaires, ateliers ou formations. Des protections figurent également dans les instructions de l’agent. La ligne de partage s’est dessinée d’elle-même au moment de charger les fichiers, et elle sépare ce qui explique de ce qui fait faire.

Un expert peut publier son diagnostic sans se dépouiller, à condition de garder la mise en œuvre de son côté. Ce qui se vend n’est pas la compréhension d’un problème, c’est l’accompagnement de quelqu’un qui traverse ce problème avec ses contraintes, ses arbitrages et son calendrier.

Ce qui reste non délégable pour un expert

Cette ligne de partage improvisée mérite d’être formulée comme une règle, parce qu’elle vaut bien au-delà de mon cas. La question de l’expertise et de l’IA se règle en distinguant ce qui s’automatise de ce qui engage une personne. La restitution documentaire s’automatise entièrement, alors que le jugement situé, la responsabilité et l’attention sélective ne s’automatisent pas, faute de porteur.

Le signal, cette chose qui vous fait vous arrêter

Votre attention se déclenche seule devant une idée qui vous paraît vraie d’une manière que vous n’aviez pas encore formulée. Vous voulez la partager, la noter, la creuser. Cette réaction constitue un signal, et elle vient d’une trajectoire personnelle faite de lectures, d’échecs et de rencontres.

Une machine ne dispose pas de cette trajectoire. Elle restitue une moyenne de ce qu’elle a absorbé, ce qui la rend excellente pour produire l’attendu et structurellement incapable de reconnaître ce qui mérite d’être remarqué.

Les trois couches de ce que vous publiez

Reconnaître un signal ne dit pas encore quoi en faire ni jusqu’où le partager. Je répartis désormais tout ce que je produis en trois couches, et cette répartition me sert de règle avant chaque publication. Elle m’a évité de me dépouiller en cherchant à être utile.

  1. Le diagnostic, c’est-à-dire la lecture d’un problème et les mécanismes qui l’expliquent. Cette couche se partage sans réserve, puisqu’elle démontre la compétence sans la transférer.
  2. Les cadres nommés, c’est-à-dire vos concepts propres, avec leur nom et leur définition. Cette couche se publie en nommant et en définissant, jamais en détaillant la mise en œuvre.
  3. L’opérationnel, c’est-à-dire les séquences, les feuilles de route et les gestes précis qui font passer à l’action. Cette couche ne se publie pas, elle s’accompagne.

Cette répartition présente un avantage supplémentaire dans le contexte actuel. Un cadre nommé est plus difficile à absorber sans citation qu’une méthode anonyme, ce qui améliore vos chances d’être mentionné plutôt que dilué.

Situer votre organisation dans le mouvement

Vous voulez comprendre pourquoi la rareté s’est déplacée vers le tri ? Reprenez la trajectoire complète dans mon article sur l’histoire de l’innovation en entreprise et ses cinq époques, et repérez celle où se joue votre marché.

Faut-il exposer son expertise aux systèmes génératifs

Ces trois couches donnent une règle de tri, elles ne disent pas encore quelle stratégie adopter globalement. La question se pose à tout praticien qui publie, enseigne ou intervient. Se retirer complètement revient à disparaître des réponses que consultent vos futurs clients, et tout exposer revient à fournir gratuitement la matière de votre propre remplacement.

Trois niveaux d’exposition et leurs effets

Chaque niveau produit un effet différent sur votre visibilité et sur votre activité. Le tableau suivant permet de choisir en connaissance de cause plutôt que par réflexe défensif ou par enthousiasme.

NiveauCe que vous exposezEffet sur la visibilitéRisque principal
RetraitRien, ou uniquement des contenus fermésAbsence des réponses génératives consultées par vos prospectsDisparaître du champ de vision de votre marché
Exposition sélectiveDiagnostic et cadres nommés, sans mise en œuvreCitations possibles avec attribution de vos conceptsDiscipline exigeante à tenir dans la durée
Exposition totaleMéthodes, séquences et outils opérationnelsForte visibilité immédiateFourniture gratuite de ce que vous vendez

Les questions à se poser avant de publier

Le niveau intermédiaire suppose de trancher au cas par cas, ce qui demande des critères simples. Quelques questions permettent de décider publication par publication, sans avoir à définir une doctrine générale valable pour tout votre travail.

  • Ce contenu démontre-t-il ma compétence, ou la transfère-t-il intégralement au lecteur.
  • Reste-t-il quelque chose à faire ensemble après cette lecture, ou le lecteur repart-il équipé pour se passer de moi.
  • Mes concepts y sont-ils nommés, ce qui rend leur reprise identifiable et leur attribution possible.
  • Un concurrent pourrait-il signer ce texte sans que personne ne le remarque.
  • Ce que je publie ici est-il déjà vendu ailleurs, dans une boutique, un atelier ou une formation.

La deuxième question tranche l’essentiel des cas. Un contenu qui laisse le lecteur mieux informé et toujours démuni face à sa situation particulière sert vos intérêts autant que les siens.

Comment je peux vous aider à maîtriser ce sujet

Cet arbitrage que je viens de décrire pour moi-même, vos équipes doivent le poser pour leur propre savoir-faire. Mon travail consiste à les aider à distinguer ce qu’elles peuvent automatiser de ce qu’elles doivent continuer à porter elles-mêmes. Cette distinction se joue au niveau des pratiques quotidiennes, pas au niveau des principes.

Conférences sur la valeur de l’expertise humaine

J’interviens sur cette question devant des équipes qui voient leur métier se transformer et qui manquent de repères pour situer ce qui leur reste. Le propos combine une lecture des mécanismes en cours et des exemples issus de ma propre exposition au problème.

Ce travail se prolonge vers les compétences que ce déplacement rend nécessaires, notamment la capacité à trancher, à assumer une position et à reconnaître un signal.

Ateliers de tri et de positionnement

J’anime des séances où les équipes appliquent la répartition en trois couches à leur propre production, qu’il s’agisse de savoir-faire interne, de contenu commercial ou de méthodes maison. L’exercice révèle presque toujours des transferts involontaires.

Si vous préparez un séminaire, une convention ou un cycle de travail sur la transformation de votre métier, je suis disponible pour construire la séquence avec vous.

Conclusion : ce qui monte quand la moyenne devient gratuite

Reste à répondre à la question que je me posais en chargeant mes fichiers. Les systèmes génératifs accélèrent la disparition du contenu moyen et relèvent le niveau minimal attendu. Ce mouvement supprime une rente, celle du praticien qui vivait de restituer une information difficile à trouver ailleurs.

Il rend simultanément plus précieuses les choses qui comptaient déjà, à savoir l’originalité de la pensée, la position assumée plutôt que le fait neutre, et le récit qui porte un signal reconnaissable. Ces éléments demandent du temps, ce qui les protège mieux que n’importe quelle clause juridique.

La bonne question sur l’expertise et l’IA n’est donc pas de savoir si votre savoir vaut encore quelque chose. Elle consiste à identifier ce que vous seul pouvez dire, à le nommer clairement, et à garder de votre côté ce qui fait passer les autres à l’action. Quant à mon agent conversationnel, il explique désormais mon livre à ma place, ce qui me laisse le seul travail que je n’aurais de toute façon jamais délégué.

Questions fréquentes sur l’expertise et l’IA

L’IA remplace-t-elle les experts et les consultants ?

Elle remplace la fonction de restitution documentaire, pas la fonction de jugement. Un système génératif produit une synthèse correcte, sans porter la responsabilité d’un conseil ni connaître les contraintes réelles d’une organisation. La valeur se déplace vers l’accompagnement d’une décision située.

Faut-il publier ses méthodes en ligne quand une IA peut les absorber ?

Publiez votre diagnostic et nommez vos concepts, gardez la mise en œuvre. Cette répartition démontre votre compétence sans la transférer. Se retirer complètement revient à disparaître des réponses que consultent vos prospects, ce qui coûte davantage que le risque d’absorption.

Comment savoir si mon contenu est remplaçable ?

Retirez votre nom et remplacez-le par celui d’un concurrent direct. Si rien ne choque, le contenu est interchangeable et une machine le produira mieux et plus vite. Un texte non remplaçable contient un exemple vécu, une position assumée ou un refus explicite.

Créer un agent conversationnel sur son livre est-il une bonne idée ?

Cela dépend entièrement de ce que vous y versez. Charger le contenu explicatif et les exemples fonctionne bien pour prolonger la lecture. Charger les feuilles de route opérationnelles revient à distribuer gratuitement ce que vous vendez en atelier ou en accompagnement.

Pourquoi nommer ses concepts change-t-il quelque chose ?

Un concept nommé se cite difficilement sans mentionner son auteur, alors qu’une méthode anonyme se reprend sans trace. Le nom crée un point d’accroche identifiable pour les moteurs comme pour les lecteurs, ce qui améliore vos chances d’être attribué plutôt que dilué.

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